Pro League - 15e journée: Genk - Anderlecht (dimanche, 18h)

Mbemba: «Je veux marquer l’histoire d’Anderlecht»

Mbemba: «Je veux marquer l’histoire d’Anderlecht»

La seule idole de Mbemba, c'est... Mbemba! Belga

Chancel Mbemba est la révélation du début de saison à Anderlecht. Promis à un bel avenir, il veut rester encore deux ou trois ans au parc Astrid.

 

Chancel Mbemba (19 ans) n’est pas près de sortir du onze de base de John van den Brom. Qu’il soit aligné dans l’axe de la défense ou au back droit, le puissant et talentueux défenseur international congolais (1m82, 80 kilos) séduit.

« J’étais convaincu que je pouvais museler Ibra »

«J’étais convaincu de pouvoir museler Ibrahimovic. Je ne joue jamais aussi bien que quand je suis opposé à de grands joueurs. Il a bien essayé de me provoquer tout au long du match, mais je suis resté calme. Je pense avoir tiré mon épingle du jeu même si, au coup de sifflet final, j’étais frustré qu’il soit parvenu à marquer. Était-ce mon meilleur match? Je ne suis pas d’accord. J’en ai signé des meilleurs avec l’équipe nationale du Congo, pour laquelle je joue depuis mes 16 ans, mais aussi avec Anderlecht. De toute façon, je dois encore progresser dans tous les domaines. J’évolue actuellement du côté gauche dans l’axe de la défense du Sporting, ce qui n’est pas toujours évident pour le droitier que je suis. Cela dit, j’ai été formé comme défenseur central côté droit mais j’ai déjà joué une fois back droit (NDLR: à Mons, le 18 octobre, avec un but à la clé) et jouerais même back gauche si le coach me le demandait.»

Défenseurde classe mondiale

«C’est Claude Le Roy (NDLR: ex-coach du Congo et grand spécialiste du football africain) qui m’a qualifié comme tel. Il n’y a pas plus beau compliment de la part d’un grand entraîneur. Il y a plusieurs années déjà, lorsqu’il m’a découvert, Claude Le Roy avait dit que je deviendrais le meilleur défenseur congolais. Mais je garde les pieds sur terre et, surtout, je prends soin de respecter et d’écouter tous ceux qui m’entourent. Il n’y a que de cette façon que tu peux réussir dans la vie. Il y a beaucoup d’autres très bons jeunes à Anderlecht. Je suis très fier de jouer pour ce club. C’est la raison pour laquelle je vais y signer un nouveau contrat jusqu’en 2017.»

Sa seule idoleest… Mbemba

«Je resterai encore au moins deux ou trois ans au parc Astrid, que je ne quitterai que par la grande porte. J’ai un plan de carrière. Je suis ici pour marquer l’histoire d’Anderlecht. Comme Vincent Kompany l’a fait avant moi. Kompany est un très grand footballeur mais aussi un très grand Monsieur qui est respecté et admiré de tous au Congo. Kompany, mon modèle? Non. Ma seule idole est… Chancel Mbemba. Je ne dis pas cela par prétention mais tout simplement parce qu’il n’est jamais bon de copier les autres. J’essaie de rester moi-même et de faire le maximum à partir des qualités que Dieu m’a données.C’est avec une telle approche que je suis arrivé à faire mon trou en Europe.»

Sa date de naissance

«J’ai appris à jouer au football dans la rue à Kinshasa. J’y ai fréquenté plusieurs clubs dont l’ES La Grace et le FC MK Étanchéité. C’est là que le manager Fabio Baglio (NDLR: l’agent de Dieumerci Mbokani), que je considère comme un père, m’a remarqué et il m’a emmené faire un test à Anderlecht en 2011. J’ai dû patienter durant un an avec les réserves d’Anderlecht, le temps que tout soit rentré dans l’ordre (NDLR: il existait des suspicions au sujet de sa date de naissance). Je vous assure que j’ai bel et bien 19 ans. J’en ai d’ailleurs apporté toutes les preuves et, pour être certain que le Sporting ne prenne aucun risque, j’ai même passé des examens scientifiques afin de déterminer mon âge exact. En fait, tout est parti de propos diffamatoires d’un agent. En Afrique, quand des personnes n’ont pas d’argent, elles sont prêtes à inventer n’importe quoi pour s’enrichir.»

Fils de basketteuse pro

«Même si ma maman était une basketteuse professionnelle, membre de l’équipe nationale du Congo, elle m’a toujours encouragé à jouer au foot. Aujourd’hui, tout ce que je fais, c’est pour mes parents mais également pour mes quatre sœurs et mes quatre frères. J’ai la chance de faire une carrière comme sportif de haut niveau et j’en fais profiter mes proches. Ensuite, seulement, je pense à moi.»

Entraînements en cachette

«Je vis seul dans un appartement près du parc Astrid. Vers 22 h, lorsque j’ai fini de regarder un film, je sors dans la rue pour faire, entre autres, des accélérations en côte. Mais je prends soin d’enfiler un bonnet et des habits discrets pour passer inaperçu. Sans travail, on n’arrive à rien. Je consacre tout mon temps à m’entraîner, à me reposer et à suivre des cours de français, une langue que je maîtrise de mieux en mieux alors qu’à mon arrivée en Belgique, je ne parlais que le Lingala.»

Chancel Mbemba n’est pas le genre de garçon à s’emballer. Le Congolais sait d’où il vient et où il va. Après sa carrière de footballeur, qu’on lui promet brillante, il ne veut pas devenir entraîneur ou agent de joueurs. «Lorsque j’en aurai fini avec le football professionnel, je rêve de devenir électricien, surprend-il. C’est la formation que j’ai suivie au Congo. Dieu m’a donné un don pour les métiers manuels, il faut que je le fasse fructifier.» La foi est omniprésente dans le quotidien du défenseur mauve.

«Elle m’aide énormément, dit-il. Je prie tous les jours et je vais dans une église catholique tous les week-ends. Lors de mes premiers mois à Anderlecht, j’ai été victime d’une grave blessure au dos. Le docteur parlait d’opération mais je ne voulais pas en entendre parler. À force de prières et avec l’aide du kiné Jochen De Coene, la douleur a disparu.»

Très croyant tout en gardant les pieds sur terre, Mbemba ne s’interdit pas de planer de temps en temps. «La Premier League et le championnat français me séduisent, avoue-t-il. Mais pas avant 2 ou 3 ans. Je veux d’abord être champion. Dès cette saison. Notre seul concurrent c’est… Anderlecht.»

X. Th.