AGRICULTURE

Tensions autour du code wallon de l'agriculture

Tensions autour du code wallon de l'agriculture

Le ministre Di Antonio ne caresse pas la FWA dans le sens du poil. Entre le ministre wallon de l’Agriculture et le syndicat, les relations sont tendues autour du futur code wallon de l’agriculture.

Belga

Autour du futur code wallon de l’agriculture , les relations entre la FWA et le ministre Di Antonio sont excessivement tendues.

Ce jeudi matin, au menu du gouvernement wallon, le futur code wallon de l’agriculture sera abordé en seconde lecture. Du côté de la FWA, la Fédération wallonne de l’agriculture, le menu semble assez indigeste. Et les relations avec le ministre Di Antonio ne se sont pas assouplies sur cet épais dossier qui imprimera la ligne de conduite de l’agriculture wallonne pour les années à venir.

Yvan Hayez, secrétaire général de la FWA, est assez remonté sur la manière dont ce dossier évolue depuis sa mise en route au printemps dernier. Le document est pris au sérieux par la FWA, mais celle-ci estime qu’elle ne peut travailler sur le sujet dans des délais raisonnables. Exemple  : elle recevra ce jeudi des documents de travail pour une réunion qui a lieu mardi, après un week-end de trois jours. «C’est devenu une manière de fonctionner. On est convoqué pour se prononcer sur un texte 24 ou 48 h après l’avoir reçu. Sur la réforme de la PAC, on est en demande concertation depuis des années. Si on a eu deux réunions politiques et de négociations, c’est beaucoup.»

Yvan Hayez regrette cette politique qui n’est pas propre au ministre Di Antonio. «Je ne veux pas stigmatiser un ministre en particulier mais c’est une évolution des mœurs politiques depuis les dix dernières années.»

Selon le dirigeant syndical, les deux parties parviennent à s’entendre de moins en moins. «Il doit y avoir la concertation, la consultation et la négociation. Ici, on est toujours dans un processus précipité. Ça va tellement vite, qu’il n’y a plus beaucoup d’espace pour la négociation.»

« Un ministre d’une sensibilité bien précise »

Mais, au-delà de la forme de ses relations de travail avec le ministre, Yvan Hayez pointe les axes principaux du futur code wallon. «Nous avons constaté qu’il est d’une sensibilité bien précise par rapport à un modèle d’agriculture.» Une sensibilité environnementale, biologique et axée sur les circuits courts de distribution. «Mais que reste-t-il de ce qui représente 95 % de notre agriculture actuelle? »

Selon la FWA, le ministre serait «à côté de la plaque» en insistant sur cet aspect qui ne devrait être qu’un axe de développement, mais pas l’axe principal.

« On touche à quelque chose de sensible »

Et ce qui fait bondir Yvan Hayez, c’est la mise en place d’un organe qui permettrait de contourner la FWA comme interlocuteur principal des discussions à venir. «Le ministre veut réorganiser la concertation. Là, on touche à quelque chose de sensible!»

Dans le projet de code de l’agriculture, le ministre rassemblerait les 11 filières différentes sous une même coupole régionale «et on mettrait en place une organisation professionnelle agricole qui sera la référence pour le gouvernement.» Et Yvan Hayez de s’interroger sur l’indépendance des salariés de cette coupole, puisqu’ils seront rémunérés directement par la Région, et sur la qualité des représentants du monde agricole qui pourraient siéger. «C’est tout simplement un déni de démocratie,» peste le patron de la FWA.