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L’Orchestre royal de chambre de wallonie condamné

L’Orchestre royal de chambre de wallonie condamné

EdA

Suspension de peine confirmée pour Georges Dumortier, ex-patron de l’Orchestre royal de chambre de Wallonie. Par contre, l’Orchestre est condamné à une amende de 11 000 €. À l’origine, une affaire de rémunération déguisée. L’homme avait même été placé sous mandat d’arrêt en 2006 et inculpé d’escroquerie et d’abus de confiance.

Georges Dumortier passe donc entre les gouttes ou à peu près, au terme d’une épopée judiciaire longue de plus de sept années. Il avait été placé sous mandat d’arrêt en octobre 2006 et inculpé d’escroquerie, d’abus de confiance, de faux et de détournements de deniers publics.

La cour d’appel de Bruxelles a confirmé la suspension de peine que le tribunal lui avait octroyée, en raison notamment de son parcours sans tache et de l’ancienneté des faits. Et l’acquittement sur toute la ligne est également confirmé.

Au cœur du malaise : les avantages matériels de l’ex-animateur vedette des Jeunes Solistes - à la RTBF - pour les différents râteliers où il s’alimentait, soit le centre culturel du Botanique et le Conseil de la Musique à Bruxelles, l’Orchestre Royal de Chambre de Wallonie (ORCW), à Mons, le Conservatoire royal de Bruxelles et la SPRL ARTEVENT, dont il avouait être l’administrateur de fait.

Les fonctions de Georges Dumortier, né à Kain en mars 1941, étaient rémunérées au «Bota» et au Conservatoire. Les autres ne l’étaient pas, officiellement en tout cas.

Car ce sont les notes de frais de l’ancien directeur du «Bota» qui ont été passées au crible. Elles ont été égrainées par centaines par les enquêteurs, puis par les magistrats. Il était reproché à G.D. de remettre plusieurs fois la même ardoise dans ses différentes gargotes, même quand il était en vacances à l’étranger...

Une rémunération déguisée

Fondamentalement, l’ancienne éminence grise de Robert Stéphane à la RTBF a convaincu les juges qu’il s’était mis d’accord avec ses partenaires à l’ORCW pour bénéficier d’une rémunération déguisée de 750 € par mois, à charge pour lui de fournir des notes de frais à concurrence.

Et c’est ce qui vaut à l’Orchestre Royal de passer à la caisse, cette fois. Le premier juge avait acquitté cette ASBL et avait condamné le principal prévenu à verser un montant provisionnel sur un préjudice estimé à plus de 40 000 €.

Cette fois, la cour d’appel les a déclarés coupables dans cette fraude et l’ORCW est condamné à une amende de 11 000 €. Et plus question de réclamer un cent à Dumortier.

Pour le reste, pas de surprise. Oui, Dumortier a bien truqué les comptes et escroqué au passage mais bien loin des montants évoqués par le parquet en 2006, au moment du coup de filet, soit plus d’un million d’euros. L’avocat de la défense, Me André Risopoulos, s’est une fois de plus livré à un travail d’orfèvre.