Toujours 300 millions de sacs jetables

Toujours 300 millions de sacs jetables

Reporters

La Commission européenne somme les États-membres de réduire l’utilisation des sacs en plastique à usage unique. On peut mieux faire.

 

L’objectif pour l’ensemble de l’Union européenne devra être une réduction de quelque 80 % de l’usage des sacs à poignée dits «légers». Ces sacs d’une épaisseur inférieure à 50 microns, encore distribués dans nombre de supermarchés européens. Plus de 90 % des quelque 100 millions de sacs en plastique mis sur le marché de l’UE entrent dans cette catégorie. Et chez nous? Depuis juillet 2007 les sacs jetables y sont taxés. Ce qui a fait chuter leur utilisation en même temps que le secteur de la distribution modifiait, à son avantage, le comportement du consommateur

Trois milliards de sacs

Il y a dix ans encore, trois milliards de sacs jetables étaient distribués chaque année en Belgique. Cela représentait 680 sacs par an et par ménage (presque 2 par jour!), et 15 000 tonnes de déchets non recyclés. Or, le sac de caisse à une durée de vie moyenne de 20 minutes, mais il met environ 400 ans pour se décomposer.

Depuis 2003, le nombre de sacs plastiques à usage unique a baissé de pas moins de 86 % en Belgique. Depuis 2007, des cotisations environnementales existent (lire ci-dessous). L’appel de la Commission européenne à lutter contre l’usage de ces sacs, aura donc peu d’incidence. «Nos membres ont déjà atteint l’année passée une diminution du ratio chiffre d’affaires/nombre de tonnes de sacs de 86 % par rapport à 2003», déclare Dominique Michel, administrateur-délégué de Comeos, porte-parole du commerce et des services. «Cela représente une économie de 5 104 640 kg. Parallèlement, nous avons développé d’innombrables alternatives durables et constatons que les clients les réutilisent effectivement.»

Surtout lors d’achats impulsifs

Les meilleurs élèves européens antijetable seraient l’Irlande, le Danemark, la Finlande et le Luxembourg. «Il faut évidemment procéder par étapes: sensibiliser les commerçants, développer des alternatives et seulement ensuite convaincre le consommateur. Les sacs jetables encore distribués, sont un mal nécessaire en cas d’achats impulsifs. Si le consommateur effectue un achat imprévu, le commerçant n’a pratiquement d’autre choix que de fournir ce type de sac. C’est d’ailleurs la preuve que notre approche porte ses fruits: lorsqu’il se rend au magasin pour des courses planifiées, le consommateur emporte avec lui les alternatives réutilisables.», affirme encore Dominique Michel.