Hip-hop

Les délires aquatiques d’Hippocampe

Hippocampe Fou se définit comme un rappeur aquatique. Un délire textuel et poétique qui déferle en tempête sur le rap traditionnel.

 

«Je vous invite à un petit aquatrip…»

Tels sont les mots qui débutent le premier album de Sébastien Gonzalez, alias Hippocampe Fou. Ce Parisien d’origine colombienne par son père est un amoureux des mots, d’images, de cinéma et de flow.

Après un passage au sein du groupe rap a capela La Secte Phonetik, voilà qu’il évolue en solo, bien aidé toutefois par son «aquacolyte» Céo et Deska, DJ trois fois vice-champion du monde DMC. On avait déjà aperçu les deux premiers lors d’un aqua-showcase sur les hauteurs de Spa, lors des Francofolies 2012.

Signé sur le label belge 62TV Records/30 Février (label de Saule, Suarez, Antoine Hénaut, Gérald Genty…), Hippocampe Fou propose un univers hyperoriginal, ultra-volubile et délirant, où l’on croise Poséidon et Nesie, Aldo Maccione à Bora Bora, un papa au foyer, Montaigne et Racine, un condor et une taupe, des moules à peau grasse… Mais aussi des hémorroïdes et des mycoses…

Un album qui plaira aux amoureux des textes bien troussés, qui en ont marre des rappeurs qui parlent à longueur de textes des problèmes de la «téci»…

Sébastien Gonzalez, l’univers aquatique, il vient d’où ?

Tout vient de mon pseudo, Hippocampe Fou. le rap aquatique, c’était une manière d’avoir une étiquette et de proposer une alternative au rap classique. L’objectif était de créer un nouveau courant, de proposer un rap qui m’était propre. Ce qui était intéressant pour moi, c’est que l’on puisse assimiler aquatique à poétique, fantastique…

Et le nom d’Hippocampe Fou ?

Ma mère ne m’appelait pas « Mon p’tit hippocampe ! » (rires). Non, en fait j’ai tapé mon vrai nom dans Google et je suis tombé sur un mec réalisateur qui s’appelait comme moi. Il me fallait donc absolument un pseudo. Dans la nuit, j’ai pensé à un hippocampe… J’ai rajouté l’adjectif « fou » pour ne pas être assimilé à un club échangiste (sourire).

Quel regard avez-vous sur cet album ?

En fait, le projet est un peu hybride. Musicalement, je propose aussi bien des morceaux hip-hop classiques que des morceaux un peu plus énervés. ou plus gras dans les sons. Ensuite, au niveau des thèmes abordés, j’aime bien changer de personnage. Le projet est donc ambitieux et j’ai eu la chance de rencontrer les gars du label 30 Février qui sont venus me voir à Lille. Ils ont aimé le côté un peu fou et bricolé, et ils m’ont donné les moyens de réaliser ce premier album, chose que je n’avais pas obtenue en France.

Le 1er morceau, « Aquatrip », c’est votre carte de visite ?

C’est ce qu’on appelle un égotrip. Le concept est de dire que le meilleur rappeur, c’est moi Cela fait partie de la culture hip-hop. Mais le morceau qui suit, Le Dindon, c’est une sorte d’anti-égotrip, où je dis que je suis la personne la plus nulle… Je suis génial, mais j’ai plein de défauts (sourire).

Vous n’avez aucune limite dans les textes ?

Non… Sauf que je n’aime pas la vulgarité. Je dis parfois des trucs salaces, mais ça me fait rire. Je ne suis pas dans l’insulte. J’aime parler de trucs crados. Rabelais dans Gargantua, il le fait pisser des litres et des litres et personne ne trouve ça horrible… En fait, j’essaye de ne pas être trop Bisounours, car j’ai une tendance à l’être naturellement. Mais mon album est à 75 % joyeux et rigolo.

Quelle appellation vous va le mieux : slameur, rappeur, conteur ?

Conteur, je trouve ça super-classe. C’est préhistorique… J’ai commencé par le slam. Mais bon, maintenant que je le fais en musique avec un certain flow, c’est quand même du rap. Mais c’est du rap aquatique !¦

Hippocampe Fou, «Aquatrip », 62TV Records/30 Février. Au Botanique le 13/11 (02 218 37 32).