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Vatanen: «La vie n’a pas de prix»

Vatanen: «La vie n’a pas de prix»

Vatanen prend encore parfois le volant. Reporters

Chaque matin est un miracle pour Ari Vatanen, un mortel qui au travers de quelques accidents, n’a pas oublié la valeur de la vie.

 

Il était en Belgique le week-end dernier pour le Stars Rallye Télévie. Et il sera à nouveau chez nous en fin de semaine prochaine pour assister au rallye du Condroz auquel son fils Max est inscrit. Rencontre entre ces deux venues avec le Finlandais Ari Vatanen, ancien champion du monde des rallyes et quadruple vainqueur du Dakar. Mais surtout, amoureux de la vie…

Ari, parlons sport tout d’abord : on vous a vu à Strasbourg assister au sacre de Sébastien Ogier. Un beau champion ?

Sans aucun doute. Il a eu une ascension fulgurante, est extrêmement doué et plein de confiance en lui. Avec VW, il peut constituer la nouvelle combinaison à battre de ces prochaines années. Ils seront durs à cuire. Ce n’est peut-être pas une bonne nouvelle pour le suspense, mais ce n’est pas de leur faute…

La passion est toujours là ?

Bien sûr. Si la passion disparaît, ton corps est peut-être encore vivant, mais ton esprit est déjà mort. Il faut être passionné par quelque chose. À commencer par la vie. Plusieurs fois, j’ai failli ne jamais me réveiller (NDLR : il frôla notamment la mort dans une sortie au rallye d’Argentine 1985 d’où une convalescence de 18 mois) et chaque matin je mesure désormais le privilège d’être en vie et en bonne santé. J’ai perdu trop d ‘équipiers, participé à trop d’enterrements, vu trop d’accidents pour ne pas m’estimer chanceux. Je suis loin d’être un masochiste, mais j’apprécie lire les… nécrologies par exemple. Cela donne encore plus de valeur à la vie. Je me dis que celui-ci était plus jeune, que celui-là avait déjà perdu ses proches etc. Même si je sais que je finirai aussi par y avoir mon nom. L’homme est mortel, c’est une réalité. Moi je suis encore là alors je veux en profiter…

Votre vie professionnelle fut riche de nombreux exploits et victoires. De quoi êtes-vous le plus fier ?

C’est un ensemble parce que ce sport m’a tout donné : il m’a permis de rencontrer ma femme, de sillonner le monde et l’Afrique, de faire une carrière politique ensuite (NDLR : député européen de 1999 à 2009), il m’a donné les moyens de m’acheter une ferme, d’y faire du vin, puis de l’huile d’olive et bientôt des truffes. Tout est venu grâce au rallye.

Bien sûr, j’aurais aussi voulu être président de la FIA ou plus récemment devenir secrétaire général de l’Association des constructeurs automobiles (ACA), mais peu importe. Dans la vie, j’estime que ce n’est pas le but, mais le voyage qui compte vraiment.

Vous parliez de la présidence FIA pour laquelle vous avez été opposé à Jean Todt en 2009. Vous avez imaginé vous représenter aux élections du 6 décembre prochain ?

Non, et je soutiendrai Jean Todt (NDLR : face au Britannique David Ward s’il parvient à établir sa liste, ce qui semble compliqué) ! Mais je voterai en tant que président de la Fédé… estonienne (depuis mars).