éolien

Courte manif intime devant l’Élysette

Courte manif intime devant l’Élysette

Ils étaient deux . Avec plein de questions et de reproches sur le plan éolien wallon.

ÉdA – PS

Une manif, on ne sait jamais comment ça peut tourner. À Namur, le siège du gouvernement wallon en a vu des vertes et des pas mûres.

Surtout quand les manifestants prennent leur cible par surprise.

Mais ce vendredi après-midi, l’Élysette n’est pas franchement sur les dents. Devant les grilles, ils sont carrément deux : Stanislas de Lantsheere et Sigrid Nolet, de Braine-l’Alleud. «Nolet avec un seul L », précise la manifestante, pour éviter toute confusion avec le ministre Écolo. En gros, ils ne représentent qu’eux-mêmes. «Nous sommes là en tant que simples citoyens », confirment-ils. Même si Sigrid Nolet est membre du comité éolien d’Ophain.

Ils tiennent à remettre en mains propres à l’huissier un document concernant l’enquête publique sur le développement de l’éolien.

Ils s’y sont intéressés au travers du projet d’implantation d’un parc à Ophain (Braine-l’Alleud). Au-delà, c’est l’ensemble du dossier qui les chiffonne. «Nous sommes pour l’énergie propre et écologique. Mais nous avons peur de ne pas être écoutés », explique Stanislas de Lantsheere.

Pourtant, une enquête publique est en cours dans les communes wallonnes. Elle est précisément organisée pour permettre aux «simples citoyens» d’exprimer leur soutien, leur opposition, leurs réserves. Mais il se fait que nos deux manifestants n’y croient pas, en cette enquête publique. «Si elle suffisait, nous ne serions pas là », martèlent les deux opposants. Ils argumentent.

«Les textes soumis à l’enquête publique violent plusieurs articles du code wallon de l’Environnement, de la Constitution, de la convention d’Aarhus sur la participation du public à l’élaboration de plans, programmes et politiques de l’environnement », développe Sigrid Nolet.

Un jour « anti », un jour « pro »

Pour Stanislas de Lantsheere, c’est le financement de la production éolienne qui reste problématique. «Cela représente un gros paquet d’argent. Le projet donne droit à des subsides, puis à des certificats verts quand on passe à la production. Avec notre argent, donc. Et tout ça pour que des gros groupes étrangers rachètent le parc un peu après… Pour le public, c’est un gouffre financier.»

Il veut bien admettre que le nucléaire aussi s’est développé avec «notre argent». «Mais faut-il faire deux fois la même erreur?» plaide-t-il.

Ce samedi, à 15 h, c’est une autre manifestation citoyenne qui se tiendra à Namur : la fondation «Kids and Wind» mobilise les enfants pour une ronde pro-énergie éolienne autour du Parlement wallon. Les forces de l’ordre ne devraient pas davantage mobiliser chevaux de frise et autopompes.