Olivier Grenson, un choix naturel

Le beau mais torturé Niklos Koda a boosté la carrière de Grenson.

Le Lombard

Pour fêter ses 25 ans, le CBBD expose les planches du Carolo Olivier Grenson, le dessinateur de «Niklos Koda» et de «La douceur de l’enfer».

Même si Aldose & Glucose, sa première série, avait déjà été publiée dans Tintin, les vrais débuts d’Olivier Grenson surviennent en 1988, lorsque les aventures de Jack et Lola apparaissent dans les tout derniers numéros de Circus. Faites le calcul  : c’était il y a précisément… vingt-cinq ans. Logiquement, c’est à l’auteur carolo qu’il incombe de fêter, avec une exposition, le quart de siècle d’existence du CBBD  : «C’est un cadeau un peu fou, reconnaît-il. Quand Jean Auquier m’a appelé pour me le proposer, la première question qui m’est venue était  : ‘‘Et c’est qui, les autres?’’ (rires). J’étais vraiment étonné qu’une exposition m’y soit entièrement consacrée. Et jusqu’à peu, j’étais certain qu’on finirait par me passer un coup de fil pour me dire  : ‘‘Désolé, Olivier, mais on s’est trompé…’’ »

C’est pourtant bien lui qui occupera dès aujourd’hui l’un des espaces dévolu, chaque année, à quatre expositions provisoires d’envergure. L’occasion de regarder dans le rétro d’une déjà longue carrière pour celui qui a essuyé de nombreux refus en début de carrière, au point d’envisager une autre trajectoire  : «C’est ce que j’ai essayé de montrer avec cette expo  : le long cheminement, la lente évolution, que peut être une carrière dans la bande dessinée.»

Le déclic Koda

Le déclic, pour Grenson, aura probablement été son association avec Jean Dufaux, décidément à l’origine de nombreuses carrières. Depuis 1999, lui et Grenson président aux destinées de Niklos Koda, une série mystique et néanmoins populaire dont le tome 11, La danse du diable, est dans les bacs depuis dix jours. Et qui, après des années d’écolage sur Carland Cross, avait révélé le trait ébouriffant de talent du jeune auteur.

Il a bien grandi, depuis. Au point, il y a deux ans, de se lancer dans sa première série en tant qu’auteur complet. C’était La douceur de l’enfer, un diptyque qui allait lui valoir le Prix Diagonale du meilleur album en 2012. Et un scénario qui lui trottait dans la tête depuis… toujours  : «Si les décors de La femme accident, le projet précédent, me sont très familiers, avance le Carolo d’origine, très attaché à ses racines, La douceur de l’enfer est incontestablement mon projet le plus personnel. C’est mon bébé. Le premier m’a donné l’énergie de lancer le second. Tout comme cette exposition me booste de façon incroyable. Je n’ai qu’une envie  : retourner à ma planche à dessin. Après tout, je ne suis pas si vieux (NDLR  : il a 51 ans). Et comme je dis toujours  : l’aventure ne fait que commencer… »

Mi.D.

«Olivier Grenson, 25 ans de création», du 22 octobre 2013 au 19 janvier 2014.