Université Le recteur de l’université de Liège (ULg), Bernard Rentier a soufflé son auditoire, en milieu de semaine dernière, au cours d’une soirée culturelle belgo-allemande qui a permis à l’ambassadeur de la République fédérale, Eckart Cuntz, d’apprendre que la place du Vingt Août, où siège l’ULg, commémore le massacre de 28 civils par les troupes impériales allemandes en 1914.

Trop vieille histoire, semble-t-il, pour le recteur liégeois, pour qui, au bout de (presque) cent ans, le moment est venu de… débaptiser cette place, et, faute de lui rendre le nom de «place de l’Université», que le conseil communal de Liège, seul juge en la matière, lui a retiré le 30 décembre 1918, de la rebaptiser par exemple «place de la Culture».

Sur la place, le bronze du bas-relief d’Oscar Berchmans – deux femmes éplorées portant la dépouille d’un jeune homme sur fond de ciel enflammé – est, il est vrai, terni. Et le nom des morts du 20 août 1914 est illisible. Mais alors que l’Europe, y compris l’Allemagne, s’apprête à commémorer la folie meurtrière de 14-18, amplifiée par la Seconde guerre mondiale, la proposition du recteur liégeois apparaît insolite. Voire incongrue.

Phi. Le.