MUSIQUE

Emmanuel Moire : le retour du Roi

Le chanteur Emmanuel Moire ÉdA – Jacques Duchateau

Ancien Louis XIV dans la comédie musicale « Le Roi Soleil  », Emmanuel Moire est passé par une période difficile. Aujourd’hui, il est de tous les projets. Son album «Le chemin » a été un véritable exutoire.

Ses yeux bleus pétillent, ses lèvres sourient. Après une période où tout allait mal voici trois ans, tout semble de nouveau sourire à Emmanuel Moire. L’ex-Louis XIV de la comédie musicale Le Roi Soleil cumule les succès – victoire lors de Danse avec les stars sur TF1 l’an dernier, disque de platine en France (100 000 ventes en France) avec Le chemin, son album paru en avril – collaborations à différents projets musicaux… Pas si mal pour un artiste que certains voyaient fini, au point de lui rendre son contrat. Rencontre alors qu’il prépare actuellement sa tournée 2013.
 

 

Vous avez intitulé votre dernier album Le chemin. Et en l’écoutant, on se rend compte que c’est le chemin parcouru plutôt que le chemin à parcourir…

Vous avez tout compris ! (rires) C’est un album assez personnel, car j’ai vécu deux ou trois ans avec des périodes très différentes… Je crois que quand on écrit un disque, un livre ou un film , il y a un propos, il y a quelque chose qui donne envie d’écrire… Du coup, cela donne un album assez chargé, intime, mais c’était nécessaire pour moi…

Quand on l’écoute aujourd’hui, on se dit qu’il contient des textes prémonitoires. Dans « La vie ailleurs  », vous dites « Demain sera le jour, la revanche et la belle…  »

C’est vrai que c’est marrant, parce que La vie ailleurs , c’est l’un des premiers morceaux écrit voici trois ans avec Yann Guillon. À l’époque, c’était un peu difficile et il y avait une envie que les choses s’allègent et redémarrent. Et finalement, c’est ce qui s’est passé… Je constate que tout est toujours possible dans la vie. Souvent, on oublie que la fin d’un cycle signifie le début d’un nouveau. Pour moi, la bascule s’est faite pendant la création de l’album. C’est ce qui explique que sa fin est plus lumineuse.

Comment se passe l’écriture avec Yann Guillon ? Il vous connaît par cœur ?

Oui, cela fait plus de dix ans que l’on se connaît, il y a donc une relation très forte. On discute beaucoup, on a beaucoup d’échanges artistiques, car nous sommes tous les deux passionnés de cinéma, de bouquins… Donc, parfois il écrit le texte avant, puis je fais la musique, parfois c’est l’inverse. Ou alors on bosse ensemble. Il n’y a pas de méthode.

Quand on écrit un titre comme « Beau malheur  », on sent que cela va être un tube ?

(rires) Sincèrement, je trouvais ce morceau tellement chargé et personnel que je pensais que les gens n’allaient pas en vouloir. En fait, c’est assez aléatoire. Et je ne veux surtout pas me poser cette question lors de la création.

Pour vous, le malheur peut être beau ?

C’est un oxymore, c’est deux choses qui ne vont pas ensemble… Mais dans le titre, on trouve le propos de la chanson. C’est mon expérience. J’ai fait une force de mes moments difficiles. Et avec du recul, peut-être que cela devient beau… C’est très particulier. Je suis quelqu’un d’assez optimiste. J’ai appris à me relever et à rester debout plus longtemps. Et je crois que la moindre des choses, c’est de partager cela. Car parfois, on s’en sort grâce à son entourage, à l’amour des gens que l’on a autour de nous et comment on se positionne face à ça.

D’où une chanson – « Vous deux  » – dédiée à vos parents…

C’est super-important, même si cette chanson peut paraître naïve… Mais dans cette année de travail, j’ai trouvé élégant de dire dans une chanson l’amour que je leur porte. Leur amour m’a fait tenir aussi. J’ai des liens avec eux qui sont très forts.

Déjà une idée de ce que cela va donner sur scène ?

Là, nous sommes en pleine création. J’ai envie que l’on retrouve cette idée de cheminement. Cela sera un concert évolutif dans l’énergie. J’ai envie d’un concert qui se construit, avec trois blocs aux énergies différentes. Plus on avance, plus c’est lumineux et plus c’est la fête. J’ai hâte d’y être, car je sens que les gens ont envie de me voir.
 

 

« Les peurs des autres, je n’en veux pas »

Un sentiment de zenitude. Une envie de prendre la vie du bon côté. Ce qui est sans doute plus facile quand tout tourne rond.

Dans l’émission La parenthèse inattendue de Frédéric Lopez, qu’il a partagée avec l’actrice Catherine Jacob et le journaliste Bruno Masure, Emmanuel Moire déclarait ne plus vouloir s’embarrasser avec du stress. Il confirme.

«C’est vraiment très important pour moi car souvent, notre leitmotiv dans notre quotidien, ce sont nos angoisses. Et ce n’est pas un bon moteur. J’ai donc décidé de travailler sur mes peurs, d’essayer de les enlever. Et par conséquent, celles des autres, je n’en ai pas trop envie non plus (rires). Moi, je ne vais pas changer le monde. Donc, tout ce qui est pression que l’on peut avoir à la veille d’un projet comme une tournée, j’essaye d’évacuer. Je ne me dis pas à l’avance que cela ne va pas être bien, que cela ne va pas fonctionner… Je me nourris de doutes, parce que ça permet d’avancer, mais pas de me laisser submerger par des angoisses. »
Pour se déconnecter , Emmanuel Moire aime bien retourner retrouver ses parents et sa famille au Mans. «Là j’y suis allé pour un mariage fin août et je compte y retourner un peu avant la tournée. Cela fait du bien. » Sinon, son appartement à Paris lui sert également de refuge. «Je me suis fait un appart qui me permet d’être au calme. C’est un endroit que je ne partage pas avec beaucoup de monde, juste mes amis proches et ma famille. La déco est assez épurée. Je n’aime pas surcharger les espaces. Ça respire. »

Lecture, cuisine, réseaux sociaux…

Les rares périodes où il ne travaille pas, il les consacre à du sport, jouer du piano, lire… «Il y a beaucoup de livres qui m’ont beaucoup parlé, mais il y en a un qui m’accompagne toujours, c’est Le hasard n’existe pas, de Karl Otto Schmidt. Je suis très connecté sur des lectures plutôt spirituelles. J’adore les livres de réflexion sur la vie, la façon de se comporter, sur nos façons de penser. Un autre livre récent qui m’a fort plu, c’est Guérir son enfant intérieur par Moussa Nabati. Tout le monde devrait le lire. »

Autre activité qu’apprécie Emmanuel Moire, c’est la cuisine. «Je n’ai pas de spécialité. Mais je suis très branché fruits et légumes, poissons… J’ai un peu une alimentation de sportif, car c’est quand même un peu un métier de compet, être sur scène… J’aime prendre du temps avec des amis autour d’un repas, de cuisiner ensemble… Je ne peux pas le faire tout le temps, mais quand c’est possible, cela me fait du bien. »

Enfin, sachez qu’il est un peu accro à tous les objets qu’une certaine firme américaine à la célèbre pomme peut produire :

«J’ai un Mac, un iPad, un iPhone… (rires) Je suis accro mais un peu comme tout le monde, car aujourd’hui on vit avec les réseaux sociaux. Mais cela prend beaucoup de temps d’être présent, et j’essaye donc de déconnecter. En principe, après 20 h, c’est fini. Le téléphone est coupé, je ne me balade pas sur les réseaux. Par contre, la journée, j’essaye de partager des choses avec mon public, car c’est moi qui suis derrière ça, je n’aime pas trop confier à quelqu’un d’autre la gestion de ça. Mais c’est toujours lié à mon travail, je ne rentre pas trop dans les détails de ma vie privée. »
 

Emmanuel Moire en concert le vendredi 7/03 au Forum de Liège (04/223 18 18 ou www.c-live.be), le dimanche 9/03 à l’Espace Magnum de Colfontaine (070 660 601 ou www.c-live.be).