récit

La tuerie d’Anders Breivik sur Utoya, comme si vous y étiez

La tuerie d’Anders Breivik sur Utoya, comme si vous y étiez

Dès les premières lignes de ce livre, on pose le pied sur Utoya, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest d’Oslo. On y débarque dans les chaussures à éperons d’Anders Breivik, dans sa tenue de combat, dans sa tête.

Et minute après minute, ligne après ligne, page après page, on va vivre de l’intérieur le massacre qu’il a d’abord méthodiquement préparé et ensuite perpétré sur cette petite île où s’étaient rassemblés environ 500 adolescents de la Ligue des jeunes travaillistes, en cette fin de juillet 2011.

D’un coin à l’autre d’Utoya, le plus grand tueur de masse de l’Histoire n’a laissé aucune chance à ses victimes. Quand il est arrêté quelques heures plus tard, ce Norvégien de 32 ans laisse derrière lui 69 vies. Plus huit déjà fauchées en début de journée, dans une explosion dans le centre d’Oslo.

77 vies et toutes les autres

Laurent Obertone, un écrivain français né en 1984 (et devenu polémique depuis quelques semaines…), est lui aussi allé sur Utoya. Il a rencontré des survivants, des proches de victimes, des secouristes qui sont intervenus sur place. A parcouru des milliers de pages de rapports de police, de dossiers judiciaires. A lu le manifeste de 1 615 pages du tueur, les articles qu’il a postés sur internet, les commentaires qu’il y a faits. A suivi le procès de celui qui a été condamné à la peine maximale en Norvège: 21 ans de prison. Pour un nombre incalculable de vies détruites.

Un récit puissant, difficile, dérangeant, entrecoupé d’extraits des rapports d’autopsie de chacune des victimes et de témoignages de survivants. Qui coupe le souffle et donne le vertige. Et qu’on doit forcément poser de temps en temps pour ne pas perdre totalement pied.

Laurent Obertone, «Utoya», Ring, 429 p., 19€.