« Le système du logement communautaire avait vieilli »

L’ancêtre du concept d’habitat groupé organisé en CLT, c’est le « logement communautaire » post-soixante-huitard. En 1980, Yves Brulard, patron de la Société wallonne du logement, a participé à l’aventure de l’abbaye de Saint-Denis, près de Mons.

Il y a vécu une vingtaine d’années avant d’y renoncer.

« Ce système a vieilli, observe-t-il. Il a fait face aux divorces, aux départs, aux exclusions, aux arrivées et aux renouvellements, aux décès, à la faillite commerciale ou civile. Il fallait le réinventer.»

En région namuroise, Michel Renard, ancien permanent à la CNE, a été l’un des précurseurs de ce mode de vie collectif, au sein de l’une des premières coopératives belges d’habitations, en 1975. «À l’époque, on ne cherchait pas à se grouper pour des raisons économiques, c’était un idéal de vie, rapporte le retraité. Notre communauté de 3 familles partageait des espaces communs, mais également des tâches, comme l’encadrement scolaire ou éducationnel. Quand un couple devait s’absenter, les autres assuraient la garde de ses enfants. On fonctionnait de façon solidaire, on avait des intérêts communs: réparations, investissements, rénovations étaient décidés ensemble. Plus que le cours de la vie, c’est la lourdeur de la gestion de plus en plus contraignante qui a provoqué la dissolution de notre société. Après plus de 30 ans de fonctionnement, en 2006.»

D.A.