Des messages positifs à faire passer

Le monde agricole doit se défendre face aux lobbies qui l’accusent, dit Michel Focant.

L’agriculteur est-il sensible au rôle qu’il peut jouer dans la réduction des GES ?

Pas suffisamment. Car qu’il augmente ou diminue ses rejets, ça ne change rien pour lui d’un point de vue économique. Et ce qu’il faut, justement, c’est un intérêt économique.

Même à coût équivalent, modifier l’alimentation des bovins pour diminuer les GES n’augmenterait pas la rentabilité. Le jeu en vaut-il dès lors la chandelle pour l’agriculteur ?

Oui, car de nos jours l’agriculteur doit faire face à des lobbies qui critiquent la production de viande et de lait en faisant passer le message que c’est mauvais pour la santé et l’environnement. Or, le monde agricole communique mal pour se défendre de ces attaques souvent injustifiées.

Modifier l’alimentation des élevages serait donc aussi un moyen de communication.

Oui, car si le monde agricole ne réagit pas à ces attaques c’est mortel. Tant pour la production de viande que de lait, il y a des messages positifs à faire passer. On ne dit par exemple pas assez tout l’intérêt des élevages dans la transformation de l’immense réserve de cellulose (prairies, fourrages,…) dans des produits nobles que sont la viande et le lait. Si l’agriculture ne le faisait pas, ce serait une perte énorme pour l’humanité.¦ A.W.