Mais pourquoi donc retourne-t-on à l’université à l’âge de la retraite ? Les motivations sont diverses : nouer des liens sociaux ou simplement prendre plaisir à s’instruire en font partie.

Les formations des universités des aînés n’étant pas diplômantes et ne donnant lieu à aucun examen.

«Une des grandes motivations est par exemple de se plonger dans des matières qu’on n’a pas pu étudier étant jeune », dit Diane Platteeuw, de l’UDA de Louvain-la-Neuve citant un ingénieur qui s’est inscrit à des cours d’histoire de l’art.

Mais la raison pour laquelle les seniors se remettent aux études est parfois (et de plus en plus souvent d’ailleurs) spécifique : certains ont réellement besoin de cette formation pour assumer leurs responsabilités dans des activités de bénévolat.

Depuis un an, l’Université du Troisième Âge de Namur (UTAN) s’interroge d’ailleurs à propos du bénévolat des seniors et de leurs besoins en formation. L’idée étant d’orienter les cours de manière plus spécifique en fonction des besoins de ce public particulier. «Ce sont des personnes qui sont fortement impliquées dans le bénévolat et qui exercent des activités à responsabilité dans des associations, indique Jean-Pierre Kempeneers, de l’UTAN. Mais elles n’ont généralement aucune formation pour assumer ces responsabilités, si ce n’est parfois sur base d’une expérience professionnelle antérieure mais qui n’est plus toujours en adéquation avec les réalités d’aujourd’hui.»

L’UTAN envisage donc de proposer des formations plus spécifiques. Car même si les cours des UDA sont toujours donnés par des enseignants de haut niveau (souvent des professeurs d’Universités ou du supérieur), ici il s’agirait de professionnaliser l’approche des cours en fonction de besoins directement en lien avec la fonction de bénévole. Exemple? Un cours sur le logiciel Excel mais axé sur la comptabilité du milieu associatif.

Pour nourrir sa réflexion, l’UTAN a mené une étude auprès des ASBL. Il en ressort notamment que près de quatre ASBL sur dix estiment nécessaire une telle formation spécifique pour les seniors bénévoles. Majoritairement dans des domaines qui touchent d’abord aux spécificités de l’ASBL, mais également en matière de gestion d’équipes ou de relations interpersonnelles. Or, à l’exception du milieu médical (les bénévoles à l’accueil dans les hôpitaux par exemple), très rares sont les associations qui proposent des formations à leurs bénévoles. Sans doute est-ce là un créneau que les universités pour aînés pourraient investir à l’avenir.

A.W.