Philippe Delaunois, quelle est votre analyse de ce rachat par Tecteo des Éditions de l’Avenir ?

L’histoire est un éternel recommencement. En 1999, j’avais rassemblé des investisseurs privés, et majoritairement francophones, pour acheter les participations de l’évêché de Namur dans Mediabel. Mediabel était composé de L’Avenir, La Libre, La DH et Nostalgie. L’analyse que nous avions déjà faite il y a 14 ans était qu’il fallait consolider ce pôle. Il n’y a pas de place pour un troisième groupe de presse sur un marché de lecteurs potentiels belges francophones aussi réduit.

Mais ce grand groupe réunissant L’Avenir, La Libre et La DH ne s’est pas fait, il y a quinze ans.

Des événements juridiques nous ont amenés à céder IPM. Je suis un peu mari aujourd’hui que cette tentative ait avorté et revienne à présent. Quand Corelio a participé à l’acquisition de Mediabel, IPM en faisait partie. Il y avait un projet qui avait du sens. Mais des actionnaires minoritaires d’IPM n’ont pas suivi.

Et voilà quinze ans plus tard le même projet de pôle qui revient, mais affaibli…

La Libre Belgique et La DH ne sont pas rentables, contrairement à L’Avenir. Et ce pôle n’est encore qu’à l’état de projet. J’espère que les équipes de L’Avenir auront d’abord leur mot à dire. Les équipes de L’Avenir ont montré leur savoir-faire. Je vous rappelle qu’il y a quinze ans, la situation économique était difficile. Mais à force de travail, les équipes de L’Avenir ont réussi à en faire un journal financièrement sain avec une ambition de presse régionale de qualité.

Pourquoi les Flamands de Corelio ont-ils décidé de vendre un journal qui génère du bénéfice comme L’Avenir ?

Corelio devenait de plus en plus un groupe néerlandophone, avec une volonté de se renforcer sur son marché naturel en Flandre. Dans cette configuration, L’Avenir devenait très minoritaire.

Et ce rachat par Tecteo , qu’en pensez-vous ?

C’est une surprise. Je n’y avais jamais pensé. Je voudrais mettre en exergue la relation entre le contenu et le contenant. Je reste très curieux de voir quel est le plan industriel qui est derrière. Un journal est un produit frais qu’il faut vendre tous les jours. J’espère de tout cœur que la dynamique qui caractérise la presse sera bien comprise. ¦ C. Ern.

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