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Arslanagic : « Si on n’était plus européen... »

Arslanagic : « Si on n’était plus européen... »

Belga

Dino Arslanagic ne joue qu’en Ligue Europa. Il s’en contente, mais veut densifier la concurrence, derrière Kanu et Ciman.

Dino Arslanagic illustre à merveille le principe de la rotation de Guy Luzon: il a joué l’intégralité des matches européens, mais n’a encore disputé aucune minute en championnat. Un «mi-temps» que l’international espoir belge accepte et devrait poursuivre. Sous cette forme ou une autre? S’il aligne actuellement ce qui se rapproche de son équipe-type en championnat, Guy Luzon pourrait faire de la compétition belge son «laboratoire» dans les prochaines semaines, quand les rencontres européennes seront d’un niveau plus élevé. Arslanagic, avec d’autres, aurait-il alors plus du temps de jeu en Pro League qu’en Ligue Europa?

Quand avez-vous compris que vous ne joueriez que les matches européens ?

Après avoir été titularisé à Reykjavik, j’ai commencé sur le banc à Malines. Puis j’étais à nouveau titulaire en Coupe d’Europe (à Xanthi), mais pas dans le groupe en championnat (contre le Lierse). À ce moment-là, j’avais compris.

Comment l’appréhendez-vous ? Car les matches européens de l’été ne sont pas les plus costauds...

C’était de bonnes équipes, mais ce n’est pas encore le top européen. De mon côté, je dois être prêt, je prends le temps de jeu qu’on me donne. Je ne peux rien lâcher, le coach regarde tout le monde, et le banc est compétitif cette année.

Finalement, heureusement que vous avez la Coupe d’Europe...

Si on n’était pas ou plus européen, j’aurais demandé à discuter avec le coach ou M. de Sart. Vu mon âge (20 ans), j’ai besoin de jouer.

Où vous situez-vous par rapport au duo Kanu-Ciman, qui est un cran au-dessus ?

Je pense que je peux les concurrencer. J’ai joué quelques bons matches la saison passée, et je ne suis pas devenu moins bon subitement. Mais il faut accepter qu’en championnat, la défense tient très bien le coup. Elle a pris zéro but, et je leur tire mon chapeau. Ils jouent, je ne joue pas, cela fait partie de la concurrence. Mais je dois pousser pour montrer que je suis là. Car je ne vais pas me contenter d’une place de réserviste...

Êtes-vous étonné du début de saison ?

Non. Le niveau est supérieur aux années précédentes. On prend les points, c’est l’essentiel, et on est en pleine confiance. On est serein, pas relâché. On veut aller le plus loin possible sur tous les tableaux, mais on ne se prend pas la tête avec le titre ou autre chose.

Quelles sont les différences entre Guy Luzon et Mircea Rednic ?

Le coach actuel met plus l’accent sur le travail en zone, le positionnement. Il utilise beaucoup la vidéo aussi. Sinon, ils ont tous les deux du caractère. Tu te fais gronder si tu foires (sourire). Avant (ndlr : avec Ron Jans et José Riga), c’était plus relax.

Vous avez besoin d’un entraîneur plus directif ?

Il faut ça au Standard, parce qu’il y a quelques « fous », et il faut savoir nous contenir. Sinon c’est la foire...

Vous êtes-vous posé des questions vu l’actualité qui agitait le club pendant la trêve ?

Avec Polo (Mpoku), on était au Tournoi de Toulon (avec les Espoirs belges) quand on a appris que Rednic était viré. On ne comprenait pas trop, mais on devait l’accepter.

Et vous avez cherché à savoir qui était Guy Luzon...

On l’avait croisé avec les Espoirs, en amical (succès d’Israël, 4-1). Je n’avais pas commencé ce match, mais je me rappellais d’un coach, déjà bien habillé en costume, et qui criait partout. C’était lui...

Vous rappelez-vous du match à Anderlecht, la saison passée ?

Mon premier match « raté ». J’ai appris beaucoup des erreurs commises ce jour-là. Le genre d’erreurs que je ne veux plus commettre, sinon je passerai pour un débile. C’était un jour sans, mais après il ne fallait pas se morfondre. Je n’ai pas été abattu pendant deux mois, mais cela m’a trotté dans la tête quand même. Je me disais que j’aurais pu mieux faire certaines choses. Et puis je resté dans le noir pendant trois jours (*). Je n’avais pas grand-chose à faire...

Avez-vous revu le match ?

J’avais regardé quelques phases avec les coachs. Ils m’ont montré les trucs mal faits : sur le but de Gillet, je lui laisse trop d’espace, et le temps que je revienne il est trop tard. Sur le penalty sur Mbokani, je ne regarde pas où il est, et je suis surpris quand je le vois. Des erreurs, j’en ferai encore, le moins possible j’espère, mais ce match m’a beaucoup appris.¦

(*) Victime d’une commotion cérébrale à la suite d’un coup de pied de Mbokani, en fin de match, Dino Arslanagic avait été laissé au repos.