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Le successeur du Sea King prend son envol, le 1er espéré en Belgique en fin d’année

Le successeur du Sea King prend son envol, le 1er espéré en Belgique en fin d’année

Le Sea King sera bientôt remplacé par des appareils de type NH90, au sein de l'armée belge.

EdA

Appelé à remplacer le bon vieux Sea King, le premier hélicoptère de nouvelle génération NH90 est sorti d’usine.

L’armée belge a salué la sortie d’usine de son premier hélicoptère de nouvelle génération NH90 en version navale (NFH), un appareil appelé à remplacer à partir de l’an prochain les emblématiques - mais vieillissants - Sea King basés à Coxyde et spécialisés dans la recherche et le sauvetage en mer.

Cet appareil porteur d’une livrée gris clair s’est envolé en milieu de journée de Donauwörth (Bavière, sud de l’Allemagne) pour rejoindre Marignane (sud de la France) où il servira durant plusieurs mois à la formation initiale des mécaniciens et des pilotes. Son départ a eu lieu en présence de plusieurs hauts responsables militaires qui découvraient ainsi pour la première fois cette nouvelle acquisition, a constaté l’agence Belga.

La Belgique a acquis en juin 2007, pour un montant de près de 300 millions d’euros, huit hélicoptères de type NH90 - quatre en version de transport tactique (TTH) et quatre en version NFH pour à la fois succéder aux Sea King et pour donner de nouvelles capacités aux deux frégates de la Marine.

Mais le programme, mené en coopération par plusieurs pays européens, a pris des mois de retard, principalement pour la version NFH, la plus complexe des deux, contraignant l’armée à prolonger la vie de ses Sea King quasi-quadragénaires.

Immatriculé RN01, le premier NFH belge a effectué son premier vol en mai dernier et a été officiellement accepté par le client, la Défense belge, à l’issue d’une batterie de tests, le 1er août. A Marignane, il va désormais servir dans les prochains mois - jusqu’en mai 2014 - à la formation d’un premier noyau de mécaniciens puis de pilotes. Cet exemplaire sera toutefois précédé en Belgique par le second NFH de série, qui est attendu à Coxyde au mieux en novembre, au pire début 2014.

L’objectif des militaires est d’acquérir ainsi rapidement de l’expérience avec le NH90, de manière à pouvoir remplacer définitivement le Sea King d’ici début 2016, après une carrière de près de 40 ans sous les cocardes belges et plus de 56.000 heures de vol à ce jour.

«Il est important que le deuxième (hélicoptère, le RN02, en cours de finition à Donauwörth) soit livré vite, avant la fin de l’année», a insisté lundi le responsable des achats au sein de l’état-major de la Défense, le général-major Rudy Debaene, auprès des responsables de la société Eurocopter, l’un des principaux partenaires du consortium NHIndustrie (NHI) constructeur de la famille NH90 - pour hélicoptère de l’Otan des années ‘90.

«Vous recevez le meilleur hélicoptère et le mieux équipé» au monde, lui a rétorqué le directeur d’Eurocopter Allemagne, Wolfgang Schoder, indiquant que 159 appareils avaient déjà été livrés, sur les 529 commandés par quatorze pays, plus 170 unités en options, et que la production s’élevait désormais à quelque 50 exemplaires par an.

Les quatre NH90 NFH belges doivent à la fois remplacer les quatre derniers Sea King vieillissants utilisés par la 40ème escadrille de Coxyde - le cinquième est exposé au Musée de l’Air à Bruxelles - et conférer aux frégates de la marine une nouvelle capacité de «combat de surface» grâce à des senseurs performants - même s’ils ne seront pas armés, du moins dans un premier temps. Cette version navale, très proche des NH90 de la marine néerlandaise, sera basée à Coxyde, mais son entretien sera centralisé sur la base aérienne de Beauvechain.

Les quatre TTH, en livrée kaki, doivent pour leur part fournir une nouvelle capacité de transport aéromobile aux forces armées belges, qui en sont largement dépourvues. Mais ils pourraient à terme mener des missions plus complexes, comme le transport sous élingue, l’évacuation médicale ou le transport de forces spéciales. Ils sont très proches de la version française du «Caïman». Le premier, le RN05, réceptionné le 21 décembre dernier, sert lui aussi à la qualification du personnel navigant et au sol. Il est attendu à Beauvechain dans le courant du mois de septembre.

Effet positif des retards, les huit appareils sont livrés directement au dernier standard «pleinement opérationnel» («Full Operational Capability», FOC).

Quant aux pénalités pour les retards, elles s’élèvent à quelque dix millions d’euros à charge de NHI, selon le ministre de la Défense, Pieter De Crem.