Elle a marqué toute une génération de femmes et de jeunes filles. Qui, voici une trentaine d’années n’avait pas lu Des mots pour le dire ? Marie Cardinal – tout comme Benoîte Groult – osait enfin mettre la condition de la femme au cœur d’un récit.

Un roman largement autobiographique qui mettait, comme son titre l’indique, les mots sur certains maux : l’amour, la maternité, le corps…

Douze ans après la mort de l’écrivaine française paraît un document ultime, L’inédit. Non pas un dernier roman dont le manuscrit aurait été retrouvé mais des extraits des onze carnets qu’elle a laissés à ses filles.

Des carnets qui recelaient un journal intime, des réflexions personnelles, des souvenirs, des variantes imaginées à ses romans…

Remarquablement agencée par les filles de Marie Cardinal et l’éditrice Annika Parance, cette matière inédite forme un document dans lequel l’auteur disparue évoque l’écriture, la vieillesse, l’impatience ou encore la difficulté de s’accepter, de s’aimer. L’exil est aussi au cœur de la vie de cette femme née en Algérie et qui ira de Paris à Montréal, de la Grèce à Vienne… Un livre qu’on lit avec bonheur et qui pousse à redécourir le travail de Marie Cardinal.

Et ça tombe bien puisque Grasset «profite » de la sortie de cet inédit pour rééditer les principaux romans de l’écrivaine. L’occasion de relire Des mots pour les dire, La clé sur la porte, Autrement dit… Le tout préfacé par Toni Morrison.

M.F.G.

Marie Cardinal, «L’inédit», Grasset, 255 p., env. 18 €.

Marie Cardinal, «Les mots pour le dire et autres romans», Bibliothèque Grasset, 1973 p., env. 40 €.