Technologie

« S’adapter à la lecture numérique »

« S’adapter à la lecture numérique »

Livre, kindle, tablette, il y en a pour tous les goûts même si le Belge aime surtout lire sur papier.

Amaury van der Beken

Les libraires et éditeurs en sont conscients et les chiffres sont là  : même si l’ebook ne décolle pas encore en Belgique, il faudra s’y adapter.

Le débat est éternel  : le livre va-t-il être supplanté par l’ebook. Si la réponse par l’affirmative paraît limpide, il faut y mettre une nuance.

«Les prévisions sont en tout cas positives, explique Thibault Léonard patron de la société Primento spécialisée dans l’édition numérique. En février 2013, 1 Français sur 5 avait déjà lu un livre numérique et une proportion équivalente envisageait d’en bouquiner un endéans les 12 mois. Des chiffres qui ont tout simplement doublé en un an et qui devraient continuer à croître.»

S’adapter ou déchanter

Si, aux États-Unis, l’ebook représente près de 30 % de la vente d’ouvrages, le marché du livre numérique en Belgique et en France n’a pas encore pris son envol.

«Nous avons développé une petite plate-forme pour ce genre de livres mais elle ne fonctionne pas bien du tout , explique-t-on chez Luc Pire. Notre meilleure vente est risible. Les gens sont trop peu au courant de ces évolutions. Nous devons plus les promouvoir.»

Les maisons éditoriales sont pourtant bien conscientes du changement qui se prépare et ne sont absolument pas contraires à cela.

«Pour la parution de Thomas Passe-monde, nous avions demandé que Primento nous crée une version informatisée de l’ouvrage, commente-t-on du côté des éditions Alice. Nos ventes papier ont été boostées par notre présence sur les plateformes de vente d’ebooks.»

Le franc est donc tombé chez la plupart et la transition est en marche. Avec une visibilité accrue et un prix de 30 à 50 % moins cher qu’un livre classique en librairie, les géants tels que la Fnac, Apple, Amazon tracent leur route sans attendre les sociétés belges .

«Les librairies possèdent des possibilités que les plateformes online n’ont pas, analyse Thibault Léonard. Prenons le principe de Chapters qui marche très fort au Canada. La librairie est construite sur 2 étages surplombés d’un coffee-shop où l’on peut lire et discuter littérature.»

Le conseil au client et la mise en place d’événements devront donc être leurs fers de lance. La plus-value sera importante pour la survie des librairies actuelles.

Une voie royale vers la réussite ?

Si, à l’heure actuelle, moins d’1 % des ventes sont numériques, Primento et les autres spécialistes du secteur restent optimistes.

«Le chiffre d’affaires de 21 millions du livre numérique en France en 2012 devrait, selon les études, passer à 106 millions en 2015, expose Thibault Léonard. Cette même année, le chiffre d’affaires mondial pourrait atteindre les 3 milliards de dollars, selon Forrester research.»

Le jeune CEO semble avoir calculé son coup. Pour autant, le marché francophone reste une exception culturelle que l’on ne peut appréhender.