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France : la cote d’alerte est atteinte

France : la cote d’alerte est atteinte

Le 15 juin 2010, Rebouillon, dans le Var, est frappé par une violente tempête. Le hameau est happé par une vague de boue.

France 5

L’année 2010 a été terrible en France. De violentes tempêtes ont dévasté plusieurs régions. Trois ans plus tard, on y construit toujours en zone inondable!

Sale temps pour la planète, clap, démarrage de la 7° saison ce soir sur France 5. Au programme, une enquête sur ces catastrophes naturelles qui, en provoquant la montée des eaux, ont endeuillé la France.

Démarrage à Rebouillon, dans le Var. «Personne n’oubliera le 15 juin 2010, note-t-on à France 5. Ce jour-là, balayé par des pluies torrentielles, ce petit bourg de l’arrière-pays varois a connu la pire catastrophe de son histoire. Gonflée par des eaux pluviales démentielles, la rivière Nartuby est sortie de son lit. En moins d’une heure, une vague de deux mètres a déferlé sur le hameau, provoquant la mort de trois personnes et des dégâts considérables.»

Venait ensuite le tour de Draguignan, l’agglomération voisine. Un torrent en furie noie sous deux mètres d’eau des commerces et des habitations par dizaines. «Quand on a connu avant, c’est un spectacle de désolation», lâche Bibiane Nioucel, la porte-parole des sinistrés de Rebouillon.

«Trois ans plus tard, alors que les travaux d’urgence promis pour sécuriser le village se font toujours attendre, les habitants vivent encore dans la crainte d’une nouvelle crue dévastatrice», relate France 5. Selon qui les contraintes réglementaires et blocages administratifs ne sont pas les seuls responsables de l’inertie en matière de prévention des risques.

«Les catastrophes naturelles dépassent complètement tous les moyens que l’on peut mettre en œuvre pour protéger les gens quand ils sont dans une zone à risques», rappelle l’hydrobiologiste Georges Olivari.

53 morts pour une nuit d’horreur

La gestion des zones à risques… En France, une vraie menace, tant lotissements et surfaces commerciales ont poussé sur des zones inondables. «Plus de la moitié des 36 000 communes françaises, soit 19 000, et près de dix-huit millions de personnes seraient exposées aujourd’hui aux risques d’inondation», pointent les auteurs du docu.

Exemple dans les communes vendéennes de L’Aiguillon-sur-Mer et de La Faute-sur-Mer. Le 28 février 2010, quelques mois avant la catastrophe de Rebouillon, la tempête Xynthia s’y est abattue, submergeant quartiers et terres agricoles. Une nuit d’horreur, au cours de laquelle 53 personnes ont trouvé la mort.

«À l’origine du drame, le non-respect du plan de prévention des risques d’inondation, relate France 5. Instauré en 1995, trois ans après la tragédie de Vaison-la-Romaine (84), celui-ci définit les règles de constructibilité dans les secteurs susceptibles d’être inondés.»

L’avocate Corinne Lepage, qui défend les sinistrés de Rebouillon et de La Faute-sur-Mer, ne cache pas ses inquiétudes : «Je commence à être très pessimiste car je me rends compte que rien ne tient devant le pouvoir de l’argent et les intérêts économiques de très court terme, explique-t-elle. Les maires passent outre. Ils ont besoin de développement et d’habitants pour faire rentrer des impôts, pour faire des routes, faire ceci, faire cela, et être réélus…»

Réclamant l’intervention des services de l’État afin de faire respecter le plan de prévention, Josette Fays, présidente de l’association Var Inondations Écologisme, et Christine Watel, présidente du comité d’intérêt local La Grenouille, mobilisent les populations pour faire pression sur des édiles, trop souvent enclins à accorder des permis de construire dans des zones inondables.

Un exemple? Au Pradet, dans le Var, un projet englobant la construction de huit cents logements et d’un collège sur un ancien marécage mobilise activement ces militantes: «On ne comprend pas pourquoi on s’acharne à vouloir urbaniser ce secteur, s’insurge Josette Fays. Quatre jours de pluie ont suffi pour engloutir le chantier sous plus d’un mètre d’eau…»

France 5, 20.40

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