Débat -

Il a crié « Vive la République »  : « Je suis fier de mon geste »

Il a crié « Vive la République »  : « Je suis fier de mon geste »

Colonne du congrès . Un nouveau Roi, un « Vive la République »

Belga

L’homme qui a crié «Vive la république» devant la colonne du Congrès, dimanche dernier, s’est exprimé via une lettre que le bloggeur Marcel Sel a relayée sur son site. L’homme y explique ses motivations.

«Alors, j’ai respiré très fort et quand la sonnerie s’est arrêtée, j’ai crié «Vive la République!»» C’est le moment «M», celui où ce cri a été poussé lors des cérémonies du 21 juillet. C’est le moment où P.L. a été considéré par beaucoup comme le «seul couac» d’une journée parfaite.

Dans une lettre, P.L. raconte sa journée et son geste. On y sent la chaleur du jour, la ferveur nationale qui monte et les réflexions d’un homme qui se rend à Bruxelles avec la vague promesse de crier les mots redoutés par certains.

Cette lettre, Marcel Sel l’a publiée surson blog. Il avoue y avoir apporté quelques corrections, mais avec l’accord de l’auteur. «Je me suis contenté de raccourcir certaines phrases et de reformuler certaines autres, mais le texte original est bien de P.L., qui a bien crié «vive la république» et s’est bien fait arrêter (contrôler) par la police» explique-t-il à un de ses lecteurs.

Dans le texte (proche d’un billet de Tomas Gunzig relève un internaute), P.L. raconte son cheminement mental. Il dénonce des entorses à la démocratie qu’il dénonce, il s’oppose à des raccourcis historiques fulgurants dopés par la liesse populaire.

Un petit cri qui porte loin

P.L. n’est pas dedans , il ne partage pas l’exaltation ambiante. Il est en dehors. Le cri «Vive La République» marque le point de rupture, où de témoin détaché, l’homme devient acteur…

«La foule a répliqué, offusquée, offensée, d’abord au loin, ensuite le long du trottoir où j’étais. Les gens qui m’entouraient se sont retournés sur moi, furieux. Sept ou huit policiers en civil sont venus devant les barrières, à ma hauteur. Un homme m’a collé de près par-derrière. Une femme devant moi m’a insulté, une autre, en tenue noire d’huissier, petite, m’a traité de con. Elle essayait de lire le titre des livres que je trimbalais. Un type tout en rouge, devant, faisait de grands moulinets du bras pour me désigner aux policiers. La délation a ses sémaphores, me dis-je.»

Le récit confrontation avec la police est pesé, pas haineuse, il y a même ce policier qui lui fut plus sympathique «Il a fait en sorte que mes livres ne soient pas abîmes».

En conclusion, P.L. affirme qu’il est fier de son geste. «Je ne savais pas qu’un petit cri dans la foule pouvait se répercuter aussi loin». Un peu avant il écrivait  : «En réalité, je n’ai commis aucun délit. Même pas celui de troubler l’ordre public. À moins bien sûr que contester le Régime monarchique soit encore un délit en Belgique…».

Des avis très divergents

Depuis mercredi, ce texte a suscité pas mal de commentaires. Entre les félicitations et les «à quoi bon?», les avis sont partagés. Hucbald écrit sur le blog de Marcel Sel  : «Quand même, aller crier «Vive la République» à la tombe du soldat inconnu le jour de l’intronisation du Roi, c’est un peu comme crier «À bas la calotte» dans une église pendant la messe. Ca me semble plutôt naïf et certainement contre-productif. Je ne comprends pas bien quelle fierté on peut tirer d’un tel exploit».

Marie, elle, est plus nuancée  : «Oui, le moment était bien choisi par le (modeste mais courageux) défenseur de la libre-pensée au milieu du troupeau (forcément servile et lobotomisé). Aussi ravis l’un que les autres de pouvoir affirmer haut et fort leurs opinions dont ils sont si fiers devant les témoins les plus excitants (le Roi, la Presse). Tout ça n’apporte strictement rien, mais c’est pas tous les jours qu’on peut s’offrir ce petit plaisir en public.»

Aux antipodes, ces deux avis  : «Merci monsieur P.L. d’avoir dit tout haut ce qu’un certain nombre de Belges pensent tout bas, mais que la paris-matchisation ambiante ne permet pas d’exprimer. Et merci aussi à ceux dont on rit, je pense notamment aux rattachistes, qui imaginent un futur pour cet état en décomposition.» (Patrick) «De quel droit Monsieur, et au nom de quel égoïsme allez vous saccager une fête populaire qui a rempli de joie des millions de citoyens. Vous voulez la r épublique… vous avez 364 autres journée pour militer et trouver une majorité pour la créer votre république et les nouveaux rois s’appelleront Hollande, Sarkozy, Milquet, Michel, Dewever et autres envergures nationales, mais rien d’exaltant et surtout horriblement temporaire….» (Paul)

Petit cri, gros débat…

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