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Dopage au Tour de France 1998: Axel Merckx et Tom Steels dans les cas litigieux

Dopage au Tour de France 1998: Axel Merckx et Tom Steels dans les cas litigieux

Axel Merckx, qui roulait pour l'équipe Polti à l'époque, avait pris la 10e place du classement général final de ce funeste Tour 1998. Reporters

Le sénat français a livré son verdict concernant le dopage sur le Tour de France 1998. Deux Belges seraient cités: Axel Merckx, 10e du classement final, et Tom Steels, vainqueur de 4 étapes. Alex Merckx, à l'instar de Bobby Julich, ferait partie des cas litigieux.

+ Mini-portrait des 17 coureurs reconnus coupables d'avoir pris de l'EPO sur le Tour 98

Le rapport de la commission d'enquête du Sénat français sur la lutte contre le dopage, publié ce mercredi (à consulter ici), laisse apparaître que les deux premiers du Tour de France 1998, l'Italien Marco Pantani et l'Allemand Jan Ullrich, parmi de nombreux autres, ont eu recours au dopage à l'EPO lors de l'épreuve.

Deux sprinteurs de renom, l'Allemand Erik Zabel et l'Italien Mario Cipollini font également partie des coureurs dopés à l'EPO, selon les informations contenues dans le rapport.
Les documents remis par le Sénat permettent aussi d'identifier les Italiens Andrea Tafi, Nicola Minali, Fabio Sacchi, le champion du monde espagnol Abraham Olano et ses compatriotes Marcos Serrano et Manuel Beltran, l'Allemand Jens Heppner et le Néerlandais Jeroen Blijlevens.

Les Français Laurent Jalabert, Jacky Durand, vainqueur de la 8e étape et Laurent Desbiens, maillot jaune pendant deux jours, figurent aussi parmi les dopés à l'EPO durant l'épreuve.

Le Danois Bo Hamburger et l'Américain Kevin Livingstone font partie des coureurs ayant eu recours à l'EPO en 1998 et 1999, selon les documents fournis par le Sénat.

Pas de certitudes pour Julich (3e)

En revanche, l'Américain Bobby Julich, troisième de l'épreuve, ne fait pas partie des cyclistes ayant eu recours à ce produit dopant avec certitude, d'après les tests rétroactifs effectués fin 2004. Son nom avait été avancé mardi par le quotidien Le Monde dans une liste de coureurs où figuraient aussi Pantani, Ullrich, Zabel et les trois Français.

Un des échantillons de l'Américain présente des traces d'EPO, selon la première méthode de détection de l'EPO en 2000, visuelle, mais ne présente pas tous les critères permettant de le déclarer positif (s'il s'était agi de contrôles à visée disciplinaire) selon les critères de l'Agence mondiale antidopage (AMA) alors en vigueur.

"Pour vivre de votre passion..."

Marco Pantani, décédé en 2004, avait réalisé en 1998 le doublé Tour d'Italie-Tour de France. Il n'a jamais été contrôlé positif durant sa carrière, même s'il a été exclu du Giro 1999 pour un hématocrite trop élevé.

Ullrich a reconnu s'être dopé durant sa carrière en juin, mais il n'avait fait mention que d'autotransfusions sanguines, non d'EPO.

Jacky Durand, qui dit "assumer (ses) actes", a précisé dès mardi soir comment il avait été amené vers une conduite dopante. "Quand vous voulez vivre votre passion et que vous bossez comme un damné de manière propre, mais que vous êtes, malgré tout, à la rue en termes de résultats par rapport à la concurrence, vous analysez la situation. Et pour vivre votre passion, participer et réussir sur le Tour de France, vous franchissez le pas", a détaillé le Mayennais de 46 ans. "Les Français ont commencé tardivement et cessé le plus souvent plus rapidement que la concurrence", a assuré Durand, professionnel de 1989 à 2004, auprès du site internet d'Eurosport, chaîne dont il est consultant.

Les membres de la Commission d'enquête du Sénat français sur le dopage ont eu accès à des bordereaux de prélèvements de cyclistes ayant participé aux Tours de France 1998 et 1999.

Ils ont confronté ces bordereaux, où figurent les noms, avec les résultats de réanalyses effectuées de manière anonyme fin 2004 par le laboratoire de Châtenay-Malabry.

Les parlementaires ne donnent pas le résultat de ces recoupements dans leur rapport, mais fournissent les documents permettant d'identifier les coureurs.

 

Des doutes autour d'Axel Merckx

Deux Belges seraient également sur la liste: Axel Merckx, 10e du classement final, et Tom Steels, vainqueur de 4 étapes. Merckx fait partie de la liste des "cas litigieux". En bref, il a été contrôlé positif à une première méthode mais pas à la suivante. Contrairement à ce que l'on craignait dans un premier temps, les noms de Peter Farazijn (19e) et Paul Van Hyfte (64e) Peter Farazijn (19e) et Paul Van Hyfte (64e) figurent sur la liste (Tour 1999 pour le premier, 98 pour le dernier), mais sont labelisés "indétectables", c'est-à-dire que le "taux d'EPO contenu dans les échantillons correspondants était trop faible" pour que l'on puisse obtenir une image satisfaisante pour l'analyser en 2004.

Pas de sanctions
La commission avait fait procéder à des contrôles rétrospectifs sur des prélèvements effectués lors du Tour de France cycliste en 1998 et 1999. Les coureurs dont les résultats se sont avérés positifs ne risquent aucune sanction.
"Nous ne sommes ni policiers, ni magistrats", a rappelé Jean-François Humbert, le président de la commission.Loin de se consacrer au seul cyclisme, les sénateurs français ont procédé depuis le 27 février dernier à 63 auditions et deux tables rondes. Ils ont auditionné au total 86 personnes (12 à huis clos) dans 18 disciplines sportives pendant plus de 69 heures.
Pour elle, l'usage du dopage est plus répandu que ne le laisse penser le faible nombre de contrôles positifs. Les autorités sportives, policières et judiciaires font preuve d'une "incroyable incapacité" à collaborer entre elles dans la lutte contre le dopage.
Dans ses conclusions, la Commission a déposé 60 propositions afin de lutter plus efficacement contre le dopage. Celui-ci constitue un enjeu éthique (égalité de chances dans les compétitions) et surtout sanitaire (effets néfastes à long terme sur la santé des sportifs).
Le sénat est favorable à ce que l'on parle du dopage. "Parler du dopage ne nuit pas au sport mais contribue à lui rendre ses lettres de noblesse", selon la commission qui ajoute que "tous les sportifs de haut niveau ne sont pas dopés."
Le développement des contrôles inopinés, du ciblage et une réforme de la politique de sanctions figurent parmi les propositions. Sur ce dernier point, il est préconisé de transférer le pouvoir de sanction des fédérations à l'Agence Française de Lutte contre Dopage (AFLD) qui devra disposer pour ce faire de deux instances distinctes: une qui instruit et une qui arbitre.
La commission a aussi souligné que la mise en place de toutes ces mesures ne coûterait pas davantage.