Belgique -

Les « pellets collectifs » débarquent

Les « pellets collectifs » débarquent

-

REPORTERS/LAIF

Des chaufferies collectives «vertes» vont faire leur apparition dans neuf sociétés de logement public.

+ Chaufferie collective au Domaine du Houillon
+ Une chaufferie collective pour Plomcot

L’appel à projets avait été lancé il y a plusieurs mois auprès des 64 sociétés de logement public de Wallonie : le ministre Écolo Jean-Marc Nollet (Énergie/Logement) proposait de soutenir financièrement l’installation de chaufferies collectives pour alimenter les logements sociaux. Ni gaz, ni mazout : des énergies renouvelables. Neuf sociétés de logement ont été retenues. Elles vont se partager un budget de 5 millions€. Explications.

1. Du light dans la facture des locataires La toute grosse majorité des logements publics ont été construits avant les années 80. « Le parc locatif social est vieillissant », rappelle Jean-Marc Nollet. Pas terrible, côté isolation.

Le programme d’investissement Pivert avait déjà été lancé pour relever le niveau : 400 millions€ y sont consacrés sur toute la législature 2009-2014. «Le paradoxe dans les logements sociaux, c’est que le loyer est régulé en fonction des revenus. Mais pas les charges. Or, la correction sociale du loyer peut se trouver fortement atténuée, voire annulée, à cause de la facture d’énergie », ajoute le ministre. Sur un loyer moyen de 230 €, les charges tournent en moyenne autour de 150 € par mois.

« Et dans les pires situations, elles rattrapent carrément le montant du loyer», constate Jean-Marc Nollet. Bref. Parallèlement au programme d’isolation Pivert, il a été décidé aussi de moderniser et d’améliorer le rendement du système de chauffage lui-même. D’où cet appel à projets pour des chaufferies collectives «vertes», auquel les sociétés de logement devaient répondre avant la fin du mois de décembre 2012. Les projets ont été étudiés. Et enfin sélectionnés.

2. Neuf sociétés retenues, près de 700 logements publics Parmi les conditions de l’appel à projets, il était stipulé que les sociétés de logement public devaient alimenter en chaleur au moins trois blocs distincts et au moins 30 logements (avec une dérogation possible en zone rurale).

Ont été retenues les sociétés Notre Maison (Marbais), Centr’Habitat (Houdeng), le Val d’Heure/La Sambrienne (Marchienne), le Foyer de la Haute Sambre (Thuin), le Logis Social de Liège (Bressoux), la Société régionale du Logement de Herstal, la Maison Sérésienne (Seraing), la Maison virtonaise (Virton) et le Foyer Namurois (Namur).

Au total, ces 9 sociétés gèrent 20 000 logements. Et 692 d’entre eux seront alimentés en chauffage grâce à ces futures chaufferies collectives, qui passeront du gaz ou du mazout aux pellets ou aux plaquettes de bois. Le gain annuel estimé est de 2 140 MWh au total.

Le subside du gouvernement wallon va de 250 000 € à 900 000 € : les 5 millions (75 % de l’investissement) sont ventilés au prorata des logements desservis. La réalisation, via un partenariat public-privé, devra être entamée d’ici 2 ans. Un audit préalable est prévu pour éviter toute surconsommation du réseau.

3. Du logement privé, des écoles, etc. Au-delà du logement public, le réseau de distribution va aussi desservir, au travers des 9 projets, 47 logements privés, une crèche communale, une école, une antenne administrative, un jardin d’enfants, un gymnase, une maison de retraite et une entreprise. «On devra multiplier ces équipements à l’avenir. On est au-delà d’une expérience-pilote puisqu’on ne doit pas démontrer que ça marche. C’est vers ce modèle qu’on va. C’est prévu dans l’alliance Emploi-Environnement du Plan Marshall. Les sociétés de logement sélectionnées pourront faire “chaufferie témoin” pour les autres! » sourit Nollet.