Ovatio n au palais de la nation

« Ce serment est une promesse solennelle qui renouvelle la relation de confiance qui existe depuis bientôt deux cents entre le Roi et le peuple belge  », a expliqué le roi Philippe devant les 500 invités qui se serraient dans le Palais de la nation pou Belga

Tribun, il n’est pas devenu. Ovationné, il aura été. Roi, il sera désormais. Dans son uniforme de général de l’armée, Philippe a juré fidélité aux Belges et leurs lois.

Il ne tremble pas. Il ne bafouille pas. Il jure fidélité sans se dérober, dans les trois langues en commençant par le néerlandais. Avec ses petites fiches dans une main, l’index et le majeur de l’autre dressés. Son trône doré comme dans les contes de fées brille derrière lui. Les dizaines de grappes de fleurs blanches dressées à ses pieds parfument l’air moite.

Et le miracle a lieu. C’est l’ovation. Tous les représentants de la nation sont debout et applaudissent à tout rompre. Le temps d’une seconde, le visage de Philippe semble s’animer entre surprise et amusement. Le roi est installé. Pour la première fois depuis 1865 et la prestation de serment de Léopold II, il n’y a pas eu d’incident, pas de «Vive la république  ».

Le septième roi des Belges, lui sur qui la nation entière n’avait pas parié un cent, semble faire un sans-faute. Les moqueurs et les plaisantins ont remisé la gaudriole. À peine deux ou trois élus (Jan Jambon N-VA ou Jean-Marie Dedecker) font bande à part et gardent les bras croisés pendant les applaudissements.

Le roi prononce son discours. On retient son souffle. Il ne trébuche pas. Il n’accroche pas. Il parle sans emphase, monocorde mais avec la sobriété convenue et l’assurance espérée. Il a quelques gestes, bien placés, bien répétés. Il tourne légèrement le buste pour s’adresser à son père. Et puis, et surtout, il se tourne vers sa chère Mathilde. Tout le monde est debout, suspendu à ce moment unique qui déroule sa mécanique monarchique parfaite.

Seule la petite Eléonore fait vibrer le tableau. La princesse cadette, pleine de malice, gigote sur sa chaise, passe une main dans ses cheveux, tape gentiment du pied. Tout l’inverse de sa sœur Élisabeth, 11 ans, qui se tient très droite comme son père. Très investie, la princesse désormais héritière du trône a posé ses mains bien à plat sur ses genoux. Elle tient à l’œil ses frères.

Philippe envoie enfin sa conclusion avec un petit geste contenu de vainqueur, poing serré. Tribun, il n’est pas devenu. Roi il sera désormais. L’ovation se répète. L’ardeur des mains qui claquent traduit autant de soulagement que d’émotion. Philippe scrute l’ensemble des corps constitués et lève un regard vers les tribunes. Albert crie «Vive le roi  ». La composante navale gonfle ses joues et fait jouer ses doigts. L’Hymne européen succède à la Brabançonne. Le septième roi de Belgique n’a pas démérité. Il respire la fierté.

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