Gros kis s à Paola, petite bise à Philippe

L’abdication d’Albert II fut un moment d’une grande intensité marqué par le gros kiss d’Albert à Paola et l’accolade à Philippe.

«Mais quel beau mariage! » s’exclame un rigolo dans la salle du Trône quelques instants avant l’entrée de la famille royale. Et c’est vrai qu’il y a un peu de ça au cours de cette cérémonie d’abdication exceptionnelle, la seconde seulement depuis la naissance de la Belgique.

250 personnes, environ. Les hommes sont sapés comme des milords, les dames sont d’un chic rare. Il y a là le gratin du gratin politique belge : ministres, présidents d’assemblée, députés, sénateurs. Tiens, Hoyos, Lutgen, Magnette et Michel taillent une bavette ensemble. Tout comme Guy Verhofstadt et Jean-Luc Dehaene qui s’échangent sans doute quelques souvenirs de Premiers.

Le gouvernement fédéral est là au grand complet. Derrière la table et quatre chaises. Elles accueilleront Albert, Philippe, Elio Di Rupo et Annemie Turtelboom qui, en tant que ministre de la Justice, actera l’abdication d’Albert en faveur de son fils.

Voilà le roi Albert II, détendu, bien plus que Philippe, visiblement crispé par l’importance de ce moment historique.

C’est lui qui prend d’abord la parole. En Flamand. Pour avant tout remercier tous les partis qui ont participé à la sixième réforme de l’État et surtout Elio Di Rupo «qui a accepté et accompli avec succès la difficile mission de former ce gouvernement, et qui ensuite, avec les vice-Premiers ministres et tout le Gouvernement, a pris les mesures nécessaires pour, dans des conditions difficiles, préserver au mieux le bien-être de tous les Belges ».

«La Belgique se modernise et je m’en félicite », ajoute-t-il. Avant de remercier également l’opposition, sans laquelle «il n’y a pas de démocratie digne de ce nom ».

Un moment sympa et chargé d’émotion

Mais le climax de cette cérémonie d’abdication qui fera le bonheur de la twittosphère, c’est évidemment le moment où Albert s’adresse à la reine en dérogeant un peu au protocole « Quant à la Reine Paola, qui m’a constamment soutenu dans ma tâche durant ces 20 années, je voudrais simplement lui dire merci… et un gros kiss ».

Un gros kiss! Ça si c’est pas de la machine à buzz. Les tee-shirts et les autocollants sont déjà en production, c’est sûr. La formule restera.

Tonnerre d’applaudissements pour ce petit mot qui vient du cœur et qui fait verser à Paola une petite larme..

Et puis, il y a le mot, enfin, pour le fiston, qu’il tutoie.

« Philippe, tu as toutes les qualités de cœur et d’intelligence pour très bien servir notre pays dans tes nouvelles responsabilités. Toi-même et ta chère épouse Mathilde, avez toute notre confiance. Ta mère et moi formons le vœu ardent de plein succès dans cette tâche à laquelle tu es bien préparé ». Une phrase qui sonne comme une justification à l’égard de tous ceux qui en doutaient .

Et renforcée par une accolade entre le père et le fils qui restera dans les mémoires parce qu’unique. Mathilde, elle aussi, l’a bien compris, et fait, comme sa belle-maman, discrètement couler son Rimmel.

Elio Di Rupo prend alors la parole, lui aussi pour des remerciements appuyés à Albert qu’il qualifie de «très grand chef d’État »

Puis Albert prend son stylo. Et signe l’abdication qu’il avait annoncée le 3 juillet dernier.

Le Premier et les vice-Premiers contresignent. En tout, 14 témoins officiels.

L’ovation de tous les invités est longue et chaleureuse. Chacun étant conscient d’avoir assisté à un bout d’histoire du pays.

Albert sort alors de la salle du Trône, suivi de Philippe et de toute la famille.

Direction, le Parlement pour la prestation de serment.

Un roi part après 20 ans de règne, un autre arrive.

Albert quitte le Palais sereinement, avec le sentiment du devoir accompli.

Et envoie un gros kiss au peuple belge.

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