« On assassine tous les jours »

L’Irak connaît un regain de violences qui fait craindre le retour des années sombres de 2006-2007.

Associated Press/Reporters

Les Irakiens désespèrent de voir leurs autorités agir, après une nouvelle vague d’attentats à la voiture piégée. Plus de 60 morts…

De nouveaux attentats ont fait 12 morts dimanche en Irak, quelques heures après une nuit meurtrière qui a coûté la vie à plus de 60 personnes à Bagdad.

Les habitants de Bagdad étaient partagés dimanche entre désespoir et colère, au lendemain de cette nouvelle vague d’attentats à la voiture piégée et alors que le gouvernement semblait incapable d’endiguer ce regain de violences.

«C’est un gouvernement de Mickeys et les forces de sécurité sont incapables de se protéger elles-mêmes, et encore moins la population», estime d’une voix triste un homme d’une quarantaine d’années, qui jette un regard désabusé sur les débris d’une voiture piégée qui a explosé samedi soir à Karrada, dans le centre-ville.

Au total 10 voitures et un engin piégé ont explosé après 20h00 dans des rues animées de la capitale alors que la foule se pressait dans les magasins et autres lieux publics au terme d’une journée de jeûne pendant le ramadan.

«Seul Dieu protège les Irakiens parce que les hommes politiques ne s’intéressent qu’à leurs postes et à leurs propres intérêts », ajoute un autre homme vêtu d’une traditionnelle dishdasha blanche.

Un autre habitant conseille la prudence. «Si on continue à se plaindre du gouvernement et de l’incompétence des forces de sécurité ils vont nous accuser d’être des baassistes (des partisans de l’ancien dictateur Saddam Hussein) et des terroristes», dit-il.

Aucun des hommes ne souhaite donner son nom. À Tobchi, dans le nord de la ville, où deux voitures piégées ont explosé, un habitant lance avec sarcasme: « Ces voitures piégées viennent de la planète Mars parce que les forces de sécurité ont des règles strictes de sécurité qui font qu’aucune ne peut passer. »

Bagdad est truffé de barrages routiers où militaires et policiers contrôlent le passage des voitures, contribuant ainsi à des embouteillages géants.

Un jeune homme, dont le magasin d’ordinateurs a été détruit par une des explosions et qui lui-même a été légèrement blessé, dénonce ouvertement le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki. «T’es collé à ton fauteuil de ministre? Mais va-t’en. On assassine les gens tous les jours », dit-il.

Maliki, à l’instar des membres de son gouvernement, n’a pas fait le moindre commentaire sur ces attaques. Seul le président du Parlement, le sunnite Oussama al-Noujaifi a condamné ces attaques.

Une députée chiite, Suzan al-Saad, a réclamé pour sa part la reprise des exécutions capitales, suspendues il y a quelques mois.

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