TOUR DE FRANCE 2013

Prudhomme: «Le cyclisme a changé»

Prudhomme: «Le cyclisme a changé»

Christian Prudhomme est un homme heureux, après ce 100e Tour et son internationalisation.

Associated Press/Reporters

Heureux du déroulement de ce Tour, Christian Prudhomme, son patron, estime que le cyclisme a changé.

Écrire que le boss du Tour, Christian Prudhomme, était heureux à l’issue de ce Tour, centième du nom, et qui a déployé ses fastes à Paris hier soir, pour une heure d’arrivée très inhabituelle (« L’idée était d’aller de la Corse à la ville lumière au coucher du soleil, avec une image d’un podium différent…», disait Christian), cela serait trahir son enthousiasme.

« Je ne vais pas retenir un temps fort sur ce Tour, mais plutôt que ce Tour s’est déroulé par l’avant, que cela soit par des attaques individuelles, mais aussi par des stratégies d’équipe que, honnêtement, je n’osais espérer.» Prudhomme songeait, bien sûr, à cette mémorable étape de plaine qui arrivait à Saint-Amand-Montrond et qui avait vu plusieurs équipes pratiquer les bordures, qui coûtèrent à Valverde sans doute une place sur le podium.

«Cela faisait quarante ans qu’on n’avait pas vu cela sur le Tour, disait-il. Mais il n’y a pas eu que cela, avec la deuxième étape des Pyrénées, ou l’étape d’Albi, avec Sagan, notamment. J’ai donc aimé ce Tour parce que cela ne sautait pas par l’arrière.»

Prudhomme estime aussi que ce Tour marque aussi le retour de l’internationalisation. « On a vu combien Quintana a marqué ce Tour de son empreinte, expliquait-il. C’est quelque chose d’important parce que la Colombie, c’est la légende des grimpeurs. Revoir un gars qui grimpe, jeune en plus, c’est formidable. Et puis, on a eu un maillot jaune australien (Gerrans) et un autre africain (Impey), et puis c’est aussi une nouvelle génération qui arrive (NDLR: et sans doute une autre qui s’en va, comme Evans…). Quintana et Sagan n’ont que 23 ans. »

Entré dans une ère anglaise le Tour? «Oui, admet Prudhomme, mais j’aime la langue française. .. (rires). Mais on peut concilier les deux: l’exception du cyclisme, elle s’efface, du reste comme le monde en général. Oui, avec des cyclistes qui parlent anglais, et cela fait déjà un certain temps, mais aussi avec de très nombreux fans qui parlent aussi anglais. C’est donc un Tour de France qui rayonne de plus en plus à l’étranger, malgré un parcours qui était 100 % français.»

Et deux fois l’Alpe d’Huez, c’était une bonne idée? «Quand on a préparé le Galibier en 2011 (deux fois son escalade aussi), je voulais une étape très courte, à partir de Modane. Je me suis heurté aux anciens coureurs de l’équipe, à Gouvenou notamment. Et donc, il a préconisé deux fois l’Alpe si on voulait une étape très courte… C’est très bien. Les coureurs qui l’ont faite ne se souviendront pas que c’était si court! Cela dit, l’exceptionnel n’a pas vocation à devenir ordinaire. Quant à ce dernier, cela sera toujours pour un mélange d’étapes courtes et longues. Si on ne fait plus que des étapes courtes, elles ne seront plus nerveuses parce qu’elles seront toutes pareilles. Il faut varier les plaisirs, avec des arrivées au sommet et d’autres en bas. Mais restons humbles là-dessus: ce sont les coureurs qui font la course.»

Conclusion de Prudhomme: «Je pense que le cyclisme a changé, il ne mérite pas d’être voué aux gémonies.»

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