Fête nationale ou fête de famille ? La question s’est posée plusieurs fois, hier. Notamment lors des moments forts qu’ont été l’abdication du roi Albert II et la prestation du roi Philippe.

Interpellant de voir le roi crier « Vive le roi » devant son successeur au palais de la nation, alors que quelques minutes plus tôt au palais royal, c’est clairement le père qui parlait à son fils. Même grand écart et exercice de style pour le roi Philippe lorsque, dans le même discours, il évoque la reine Mathilde et puis s’adresse à son épouse, la mère de ses enfants.

La famille, elle a aussi été présente au grand complet sur le balcon pour saluer la foule. Les frères et sœurs de Philippe, sa femme, ses quatre enfants, sa tante, son papa, sa maman… L’image de cette famille réunie est importante et loin d’être anodine. C’est rassurant, c’est une façon de permettre à chacun, à toutes les générations, de se projeter dans cette famille qui représente le pays et son unité. Et que dire de ce peu conventionnel «gros kiss» du roi Albert dans lequel beaucoup de citoyens ont pu se reconnaître? Ce fut comme une incursion étonnante dans l’intimité de ce couple royal.

Nécessité fédérale?

La famille donc. En point d’équilibre. En point d’attention. L’analogie est facile avec notre pays qui ressemble à une de ces familles qui doit, en permanence, surmonter ses différences, jouer sur sa diversité, pour essayer de maintenir cette envie et cette volonté de vivre ensemble. Ce discours-là a toujours été de mise dans la bouche d’Albert II, il l’a été encore, hier dans celle du roi Philippe. Aux membres de la famille Belgique (Régions, Communautés), le roi Philippe a adressé un message apaisant, réaffirmant l’importance de poursuivre le chemin, ensemble, mais dans une Belgique revue et corrigée.

La fête d’hier a permis de mettre en avant cette famille. L’événement se devait d’être réussi et fédérateur. Pour le gouvernement c’était plus qu’un symbole, c’était quasiment une nécessité. Incarnation de l’unité, le roi et les siens doivent coller à un projet fédéral qui passe à la fois par une tradition de consensus, mais aussi par un besoin évident de réforme et de modernité. C’est cela qui guidera le travail du roi Philippe dans les prochaines années. Un exercice difficile dont on se souviendra qu’il a débuté sous un soleil dont le poids symbolique n’est pas non plus à négliger dans la perception que laissera ce 21 juillet 2013.

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