Voitures électriques : la panne sèche

Voitures électriques : la panne sèche

EdA

Faible autonomie, prix élevés, absence de bornes de chargement  : le marché des voitures électriques ne décolle pas.

Les chiffres de vente sont catastrophiques. La fontaine est tarie. La voiture électrique reste en panne dans les showrooms. En Belgique, pour les six premiers mois de 2013, à peine plus d’une centaine d’unités ont été immatriculées; 128 selon les chiffres communiqués par la Febiac. Un peu plus si on y tient compte des Kangoo utilitaires. Soit près de quatre fois moins qu’une année auparavant, sur la même période!

Et encore, dans cette liste, on ajoute aux modèles purement électriques ceux qui bénéficient d’un moteur d’appoint, comme l’Opel Ampera, la Chevrolet Volt ou la Fisker Karma. Attention, les hybrides simples n’y sont pas. Elles connaissent, elles, un succès plus fort.

0,25 % du marché européen

Mais n’allez pas croire que ce désamour soit propre à notre pays. C’est toute l’Europe qui boude la voiture électrique. En mai dernier, il s’y est vendu à peine 2 558 voitures électriques, selon un rapport de l’industrie. Ce qui représente 0,25 % seulement du marché automobile, et guère plus qu’un an auparavant (0,21 %)! Moyenne minable que ne dépasse que la France (0,46 %), les Pays-Bas (0,59 %) et la Norvège, exception notable dans ce paysage désolé, avec 2,90 % de voitures électriques. Il faut dire que dans ce pays à l’impôt lourd, les voitures électriques bénéficient d’une totale exonération des taxes. Ça aide!

Cher et difficile à amortir

Qu’est-ce qui explique pareille débâcle ? Chez nous, en partie la fiscalité. L’État fédéral a cessé, en 2013, d’octroyer la réduction d’impôt qui pouvait aller jusqu’à 9 190 € à l’achat d’une voiture électrique. Ne reste plus, en Wallonie, que l’éco-bonus de 2 500 €. Rien à Bruxelles, ni au Nord du pays. «On a encore dû constater, lors des négociations budgétaires la semaine dernière en Flandre, qu’il ne reste rien de nos propositions pour orienter la mobilité future. Il n’y a pas d’argent pour cela», déplore Joost Kaesemans, le porte-parole de la Fédération de l’industrie automobile .

Nos voisins français ou luxembourgeois accordent eux, une prime alléchante (respectivement 7 000 et 5 000 €) pour l’achat d’un véhicule électrique. Seul moyen de rendre attractif une technologie qui reste très chère.

Ainsi, la nouvelle Renault Zoé électrique est vendue 21 550 €, TVAc. En regard d’une Clio essence de base à 14 300 €, il faut déjà parcourir un sacré paquet de kilomètres pour compenser la différence. Bien sûr, le prix d’un «plein» électrique est nettement moins coûteux (2 € environ), mais il faut encore ajouter à cela la location des batteries (forfait de 79 € si on parcourt 12 500 km par an). Difficile à amortir. D’autant que, c’est tout le paradoxe, une voiture électrique n’est pas, par nature, destinée à parcourir beaucoup de kilomètres.

Avec 12 immatriculations chez nous, il est encore trop tôt pour dire si Zoé, qui n’est commercialisée que depuis un mois, suffira à Renault pour inverser la tendance. En France, elle lui permet de doubler ses ventes électriques. Mais on est loin de rejoindre les objectifs très ambitieux du groupe Renault-Nissan, qui a investi 4 milliards d’euros dans ce programme, et ambitionne de vendre, avant la fin de 2016, 1,5 million de véhicules électriques à travers le monde.

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