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Catastrophe ferroviaire près de Paris: le bilan «définitif» fait état de six morts, 16 blessés hospitalisés

Catastrophe ferroviaire près de Paris: le bilan «définitif» fait état de six morts, 16 blessés hospitalisés

Catastrophe ferroviaire près de Paris: le bilan «définitif» fait état de six morts. La défaillance d’une pièce d’un aiguillage était ce samedi la piste privilégiée.

Associated Press / Reporters

Accident de train à Brétigny-sur-Orge: le préfet de l’Essonne a fait état d’un bilan définitif de six morts et neuf blessés graves. La défaillance d’une pièce d’un aiguillage était ce samedi la piste privilégiée.

La défaillance d’une pièce d’un aiguillage était ce samedi la piste privilégiée pour expliquer le spectaculaire déraillement d’un train près de Paris qui a fait vendredi six morts et plusieurs blessés graves.

Outre les décès - ceux de quatre hommes et de deux femmes de 19 à 82 ans -, neuf personnes sont grièvement blessées, dont deux pour lesquelles le pronostic vital est engagé.

Dans la soirée, le préfet de l’Essonne, Michel Fuzeau, a annoncé que le bilan des six morts devenait «définitif», aucune nouvelle victime n’ayant été découverte après le levage d’une première voiture du train. Le bilan «devient définitif, avec six décédés. Il n’y a plus que 16 blessés hospitalisés ce soir «, a-t-il déclaré.

Les autopsies, destinées à identifier les voyageurs tués lors du déraillement du train Paris-Limoges vendredi après-midi à Brétigny-sur-Orge, ont débuté samedi.

Une minute de silence dans tous les gares

En hommage aux victimes, une minute de silence a été observée à midi dans toutes les gares de France.

Au lendemain du choc né de la vision des scènes d’horreur rapportées par les voyageurs et les témoins, vient le temps des premières explications de la compagnie nationale ferroviaire SNCF, qui privilégie la thèse de la défaillance d’une pièce d’acier de dix kilogrammes dans le système d’aiguillage.

«Cette éclisse», sorte d’agrafe qui relie deux rails, «s’est désolidarisée, elle s’est détachée, elle est sortie de son logement», a déclaré Pierre Izard, directeur général des infrastructures de la SNCF (Société nationale des chemins de fer français). Elle «est venue se loger au centre de l’aiguillage, et à cet endroit elle a empêché le passage normal des roues du train et elle aurait provoqué le déraillement du train».

Dès les instants qui ont suivi l’accident, des témoignages de voyageurs semblaient d’ailleurs mettre en cause l’aiguillage, situé à 200 mètres en amont de la gare.

La SNCF a annoncé le contrôle des 5.000 pièces semblables de son réseau. «La désolidarisation de cette éclisse du rail est l’objet même» des enquêtes judiciaire et techniques en cours, a déclaré le patron de la SNCF, Guillaume Pepy.

Le ministre des Transports Frédéric Cuvillier a dénoncé l’obsolescence des infrastructures ferroviaires françaises: «Le constat est sévère, avec une dégradation ces dernières années faute de moyens consacrés aux lignes classiques».

La réaction du conducteur saluée

«On a privilégié le TGV (train à grande vitesse, ndlr) au lieu de penser au réseau secondaire, les lignes qui rendent service», a de son côté accusé auprès de l’AFP le porte-parole de l’association des voyageurs-usagers du chemin de fer (Avuc), Willy Colin, fustigeant les «trains poubelles».

L’aiguillage en cause a pourtant fait l’objet d’un contrôle de sécurité le 4 juillet, selon la SNCF. Et une demi-heure avant la catastrophe, un autre train est passé à cet endroit sans qu’aucune anomalie ne soit relevée. Quant aux wagons et à la locomotive, ils étaient «à jour de toute vérification».

Les autres pistes semblent s’éloigner, notamment celle d’une fragilisation de la structure liée à des travaux récents dans la zone et surtout celle de l’erreur humaine. Le train, qui transportait 385 voyageurs, roulait à 137 km/heure, soit sous les 150 km/h autorisés à cet endroit.

Et M. Cuvillier a rendu hommage au conducteur, qui a déclenché «l’alerte immédiatement, ce qui a évité la collision avec un train qui venait dans le sens inverse et qui aurait à quelques secondes (près) percuté les voitures qui déraillaient».

Une violence inouïe

Tous, voyageurs rescapés comme témoins, s’accordaient à décrire la violence inouïe de la catastrophe qui s’est déroulée sur «plusieurs centaines de mètres».

Des morceaux de ballast ont été retrouvés dans la ville, a raconté le maire de Brétigny, Bernard Decaux. Le toit de la gare et un quai en béton ont été défoncés par le train, des voyageurs ont été éjectés, d’autres ont évoqué des «images de guerre»...

L’opération de levage des voitures du train, qui a débuté ce samedi soir, pourrait durer plusieurs jours, a averti M. Pepy.

«Il y a quatre voitures à relever. Une voiture qui se trouve en tête de train, et qui pourra être relevée par des moyens normaux au cours de la soirée, et trois voitures qui se trouvent à la queue du train, qui sont les voitures les plus abîmées et qui devront être relevées» par la grue «sur des wagons plats exceptionnels qui ont été acheminés», a détaillé M. Pepy.

Cet accident est le plus grave en France depuis la collision en juin 2008 entre un train régional et un car scolaire à Allinges, dans le nord des Alpes, qui avait causé la mort de sept collégiens.

Par ailleurs, les autorités et les secouristes ont démenti les rumeurs selon lesquelles des victimes auraient été dévalisées par des habitants des alentours après l’accident.

Une source policière a simplement évoqué auprès de l’AFP une «situation tendue» quand le service de sécurité de la SNCF est arrivé pour sécuriser la zone.

«Il y a eu quelques jets de projectiles, mais pas de caillassage», a dit cette source. «Dans un événement complètement déconnecté, plus tard, un jeune a tenté de voler» le portable d’un secouriste, «il a été interpellé», a ajouté la source.

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