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Sangliers : et si on s’inspirait du « made in Corse » en Wallonie ?

Sangliers : et si on s’inspirait du « made in Corse » en Wallonie ?

La coppa corse est fabriquée à partir de cochon sauvage.

ChantalS – Fotolia

Pourrait-on développer chez nous une véritable filière salaisons et charcuteries labellisées «sangliers de Wallonie»?

Surpopulation des sangliers, donc augmentation des objectifs de chasse, donc davantage de gibier sur le marché. «Actuellement, on les tire et on ne sait plus quoi en faire», explique le député MR Gilles Mouyard. «Quand le congélateur est plein avec une bête, il arrive à certains chasseurs de jeter purement et simplement la suivante. Je pense que c’est dommage, tant il y a moyen d’en faire quelque chose de bon.»

Pourquoi ne pas les vendre à des spécialistes de la transformation? «Parce qu’il n’y a pas suffisamment d’ateliers de découpe en Wallonie et qu’ils ne sont pour la plupart ouverts que de septembre à février (sauf à Bastogne, NDLR). Et par ailleurs, il faut en tirer beaucoup pour que ce soit rentable», poursuit le député chasseur. Le sanglier se vend chez nous à environ 1,50 € le kilo.

S'inspirer du"made in corse"

Gilles Mouyard a imaginé qu’on pourrait peut-être s’inspirer des salaisons de cochons sauvages dans l’île de Beauté, clairement identifiées «made in Corse». «Ne pourrait-on pas faire la même chose en Wallonie? On fait déjà de la charcuterie de sangliers, mais il n’y a pas de vraie filière spécifique… » Et une fois la population de sangliers revenue à des proportions normales? La «matière» ne manquerait pas, estime-t-il. Il y aurait bien assez de sangliers pour alimenter cette nouvelle filière économique, que les autorités wallonnes ne manqueront pas de soutenir entre-temps, espère-t-il.

Le ministre wallon de la Ruralité Carlo Di Antonio (cdH) se dit sensible à cette proposition. Mais il fait remarquer que les ateliers qui existent ont bien du mal à s’approvisionner auprès des chasseurs wallons. « La demande est bien plus importante que l’offre : on ne fournit que 30 % de la demande de viande de sanglier», dit-il. Le reste vient de Pologne, où le prix peut descendre à 0,50 €/kg, de Hongrie « et même des États-Unis».

Autre problème : les exigences de l’Agence fédérale de sécurité de la chaîne alimentaire, qui supposent des investissements parfois trop importants, en plus des autres charges, pour espérer une rentabilité à peu près attractive.

Mais, a priori, il n’enterre pas l’idée d’une charcuterie de sanglier estampillée «Wallonie», ni la recherche de débouchés soutenables face à la concurrence polonaise.

«Je vais soumettre la question au niveau de l’Apaq-W (l’agence de promotion des produits wallons)», promet Carlo Di Antonio.

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