Grippe

Grippe : étendre et cibler la couverture vaccinale

Grippe : étendre et cibler la couverture vaccinale

Chaque année, un Belge sur 10 est infecté par le virus. Les autorités sanitaires veulent réduire la circulation du virus.

Reporters / BSIP

Difficile de se l’imaginer au beau milieude l’été, mais d’ici quelques mois,la grippe saisonnière frappera de nouveau.

Il n’est pas possible d’augmenter aisément la production de vaccins antigrippes, produits principalement à partir d’œufs. Le nombre de doses disponibles reste donc limité au niveau national. Face à ce risque de pénurie, des choix doivent s’opérer. À la demande de la Conférence interministérielle Santé publique, le Centre Fédéral d’Expertise des Soins de Santé (KCE) a évalué différentes stratégies de vaccination antigrippale. Afin de déterminer celles qui généreraient les plus grands bénéfices en termes de santé par euro dépensé.

La pneumonie en complication

«À cause des complications de la grippe, de nombreux enfants sont hospitalisés», témoigne le Dr Hanquet qui a mené l’étude avec d’autres chercheurs. Chez les sujets en bonne santé, la grippe ne provoque généralement que les symptômes bien connus, fièvre, douleurs musculaires et infections respiratoires. Ils disparaîtront spontanément après une petite semaine. Mais la grippe peut aussi être source de complications graves. Comme la pneumonie parmi les groupes plus vulnérables, tels les personnes âgées, les enfants et les patients souffrant de maladies chroniques.

Des chercheurs de l’université d’Anvers et de l’université de Hasselt ont modélisé plus de 5 600 scénarios de vaccinations différents pour le KCE. Les chercheurs ont démontré un bon rapport coût-efficacité d’une augmentation de la vaccination des groupes à risque actuels, telle que recommandée par le Conseil Supérieur de la Santé. Ces groupes incluent les personnes de plus de 65 ans, les personnes souffrant d’affections chroniques sous-jacentes (entre autres les affections des poumons, du cœur, du foie, des reins, le diabète, les troubles neuromusculaires ou immunitaires), ainsi que les femmes enceintes. La vaccination du personnel soignant s’avère aussi «coût-efficace».

Réduire le coût d’un quart

Mais pour les enfants, la vaccination n’offrirait un bon rapport «coût-efficacité» que si les coûts de cette vaccination diminuaient d’un quart.

« Si les parents passent par le généraliste, puis la pharmacie pour acheter le vaccin, le rapport coût-efficacité ne pourra être réduit de 25 %. Par contre, en l’administrant par les services de santé scolaire ou par l’ONE, ce serait possible», poursuit la doctoresse.

Resterait à convaincre les parents pour cette vaccination contre la grippe qui n’aurait rien d’obligatoire. D’autres pays européens la recommandent (Autriche, Slovénie, Finlande, Estonie) .

« Nous avons testé deux vaccins différents. Le plus facile à administrer est l’intransal, mais il n’est encore disponible sur le marché», ajoute le Dr Hanquet. Il ressort encore du rapport du KCE que : « La vaccination universelle des enfants contre la grippe ne permet pas de protéger de manière suffisante les adultes (y compris ceux à risque). Elle ne peut dès lors pas remplacer la vaccination des adultes. Une augmentation de la couverture vaccinale de tous les adultes de plus de 50 ans réduirait de manière significative le nombre d’hospitalisations et de décès dus à la grippe, mais entraînerait un coût élevé étant donné qu’il s’agit d’un très grand groupe. Ce coût élevé pourrait toutefois être compensé par une diminution correspondante de la vaccination des adultes en bonne santé entre 18-49 ans».

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