Athlétisme - Meeting de Heusden

Le plaisir retrouvé d’Olivia

Le plaisir retrouvé d’Olivia

- EdA

L’aînée des Borlée est de retour au plus haut niveau et entend le démontrer, dès ce samedi à Heusden, sur 200 m.

On l’avait enterrée. Depuis la médaille olympique d’argent conquise avec le relais 4x100 m en 2008 à Pékin, ses détracteurs, la bave aux lèvres, disaient qu’elle n’était plus qu’un top-modèle. Les plus acerbes avançaient même qu’elle ne pensait plus qu’à la mode. Blessée au plus profond d’elle-même, elle a avalé des couleuvres. En silence. Sans jamais broncher. Et même avec le sourire. «Pourtant, j’en ai bavé», assure-t-elle aujourd’hui. C’est qu’à présent elle aurait tort de ne pas l’ouvrir, l’aînée des twins Kevin et Jonathan.

Libérée de ses empoisonnantes douleurs aux tendons d’Achille, Olivia Borlée renaît littéralement. Mercredi à Liège, elle a couru l’hectomètre en 11.48, son sixième chrono personnel. Et surtout la Bruxelloise n’était plus allée aussi vite depuis 2009. «Oui, je revis. Je prends plaisir à chacune de mes courses, dit la belle blonde. Actuellement, c’est le plus important pour moi. Pouvoir me concentrer sur ma façon de courir et non sur mes douleurs. Mais j’ai déjà envie de beaucoup plus.»

On naît Borlée ou on ne l’est pas. «Je sais que je peux aller plus vite. Quand je ne penserai plus du tout à mes tendons, comme dans un vieux réflexe, j’irai plus vite. Je peux gagner deux dixièmes de seconde.» Bref, s’approcher des minima (11.20) pour les Mondiaux de Moscou (10-18 août). Une échéance à laquelle l’aînée de la tribu ne pensait même pas il y a encore dix jours.

«J’ai plusieurs objectifs», confirme-t-elleDont le premier est ne plus avoir mal. Ça, c’est fait. «On a fait appel à différents traitements médicaux. J’ai d’ailleurs appris énormément de choses que j’aimerais transmettre. S’il y a quelque chose de positif à retenir de mes années de calvaire, c’est ça.» Mais pas seulement. La sprinteuse a appris à mordre sur sa chique comme peu d’autres en auraient été capables.

«Parfois, elle arrivait à l’entraînement en boitant comme une grand-mère, dit Jacques, coach et papa à la fois. Je lui disais que cela ne servait à rien de s’obstiner mais elle tenait absolument à montrer qu’elle était là.»

Toujours déterminée

«Oui, on m’a parlé d’opération et de fin de carrière mais je rejetais cette issue-là. J’étais frustrée de ne pouvoir donner le meilleur de moi-même alors que j’en avais envie. Si j’avais dû arrêter à cause de ce problème récurrent au tendon d’Achille, j’en aurais été malade.»

Mercredi, Olivia a atteint son deuxième objectif puisqu’elle participera bien aux Jeux de la Francophonie en septembre à Nice. Reste que si les chronos continuent à descendre, elle pourrait même accompagner ses frères à Moscou. «Ça vient un peu tôt car je ne cours que depuis un mois. Mais tout va tellement vite…» Qu’elle se met à croire à l’impossible, elle que l’on disait condamnée pour le sport de haut niveau il y a encore quelques mois. «Chaque jour, je ne pense qu’à être dans les blocks, à prendre un départ fulgurant. Ce n’est que du bonheur.»

Ce samedi soir à Heusden, elle va prendre le départ du 200 m, sa distance de prédilection. «Quand je vois ce que je suis déjà capable de réaliser sur 100 m, je me dis que mon 200 devrait être très bon.» Une chose est sûre : Olivia Borlée court de nouveau avec plaisir. Et sourit spontanément.

Nos dernières videos