C’est un fait, aujourd’hui les réseaux sociaux permettent une diffusion de l’information instantanée qui révolutionne complètement notre façon de percevoir le monde.

La catastrophe ferroviaire survenue, hier, au sud de Paris l’a encore démontré. Hier, quelques minutes seulement après le déraillement, des photos circulaient déjà sur Twitter. Tout de suite, elles ont permis de mesurer la gravité de l’accident. Ce train couché dans une gare laissait augurer le pire. Dans ces cas-là, les réactions sont toujours immédiates entre compassion et effroi.

Devant la circulation instantanée de ces clichés où le drame est latent, on ne peut s’empêcher de rabâcher ce vieux débat autour de cette frénésie communicante. Surtout lorsqu’il s’agit de tragédie comme celle-là. Ne s’agit-il pas de voyeurisme ? Ne dépasse-t-on pas les limites de la bienséance ? Si ce genre de questions se pose de façon lancinante, c’est qu’il y a malaise. Mais en même temps qu’y faire ? Notre monde est temps de plus en plus régi par l’hyperconnectivité. Une info, une émotion doit se partager dans la minute que ce soit sur Twitter ou Facebook. Les ados d’aujourd’hui sont plongés dans une culture du multi-écrans qui les rend réceptifs à des dizaines d’informations qui déboulent en même temps. La plupart sont inutiles, valables quelques secondes… Et puis il y a les autres comme celles concernant le déraillement de Bretigny. Dans ces cas-là, les premières photos ont valeur de témoignage. Elles sont réalisées et envoyées parce que les mots ne sont plus suffisants. Alors oui, on pourrait trouver dans cette démarche quelque chose de malsain. Mais il y a aussi comme une fatalité de notre époque avec laquelle il s’agit de composer. Ainsi, hier, d’un point de vue journalistique, ces photos diffusées sur Twitter (après les vérifications d’usage) nous ont permis de mesurer très rapidement la gravité de cet accident et de lui accorder toute l’attention nécessaire. Dans notre mission d’informer, les réseaux sociaux ont multiplié nos sources sur place et surtout donné des informations essentielles pour mieux comprendre l’accident et la douleur de ceux qui ont été au cœur la catastrophe. Pour ceux-là, le réseau social s’est transformé en moyen de partage pour décompresser, chercher un appui, ailleurs, dans la communauté connectée…

Nos dernières videos