L’homéopathie exigera un diplôme

L es seuls médecins, dentistes et sages-femmes diplômés pourront désormais exercer l’homéopathie.

Reporters/BSIP

Seuls des médecins, dentistes ou sages-femmes diplômés pourrontà terme travailler comme homéopathe, à titre complémentaire.

L’homéopathie ne pourra plus à terme être exercée que par les seuls médecins, dentistes et sages-femmes, selon l’arrêté royal adopté hier par le Conseil des ministres en exécution de la loi Colla de 1999 qui a reconnu cette pratique non conventionnelle au même titre que l’ostéopathie, la chiropractie et l’acupuncture.

Le prestataire homéopathe devra en outre disposer d’un diplôme en homéopathie de l’enseignement universitaire ou supérieur et ne pourra pratiquer que de manière complémentaire à son titre

Pour exercer, les homéopathes devront avoir été enregistrés par la ministre de la Santé . Cette reconnaissance leur sera assurée à durée indéterminée, à condition de suivre une formation permanente.

Une cinquantaine de kinésithérapeutes et infirmiers pratiquent actuellement l’homéopathie : des dispositions transitoires leur accorderont une autorisation de poursuivre, à condition d’avoir suivi ou d’être inscrit depuis au moins un an dans une formation en homéopathie reconnue par une association professionnelle. Ils auront ensuite cinq ans pour s’enregistrer.

Les médicaments homéopathiques ne seront toujours pas remboursés par l’assurance maladie. Dans nombre de cas, ils sont toutefois pris en charge par l’assurance complémentaire des mutualités.

L’encadrement était «indispensable pour la protection des patients», explique la ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, Laurette Onkelinx (PS). Car «des dérives existent, qui peuvent aller jusqu’à mettre la vie des patients en danger».

Ces dispositions ont fait l’objet d mois de concertation, notamment au sein de la chambre d’homéopathie du SPF Santé publique, où siègent les différents acteurs (associations, médecins, professeurs).

Avant l’ostéopathie

L’homéopathie est la première des quatre pratiques non conventionnelles reconnues par la loi Colla à être encadrée. L’ostéopathie devrait suivre à l’automne.

Quelque 340 homéopathes pratiquent en Belgique, dont 75 % sont médecins, 3,5 % infirmiers et plus de 20 % n’ont aucune formation (para) médicale.

Les nouvelles dispositions comblent l’Unio Homeopathica Belgica, qui regroupe des médecins, vétérinaires, dentistes ou pharmaciens diplômés. Mais l’Homeopathica Belgica, dont tous les membres ne sont pas médecins, crie au scandale. Quant à l’ABSyM (Association belge des syndicats médicaux) elle est peu enthousiaste : elle n’était pas demandeuse puisqu’ «il s’agit de pratiques non-conventionnelles.»

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