« Marre qu’on nous laisse crever »

Marc Gilbert ne décolère pas contre les Communes et Eerdekens.

Belga

Marc Gilbert, président de la fédération belge des corps de pompiers défend la réforme et allume Eerdekens et les Communes.

La lettre du bourgmestre d’Andenne, Marc Gilbert en a pris connaissance. Il se dit écœuré par l’attitude d’Eerdekens qu’il taxe de sortir contre-vérité sur mensonge.

«D’abord, si les Communes avaient respecté la loi de 1967 qui voulait qu’on augmente le nombre de pompiers professionnels de 1000 unités en Wallonie, on n’aurait pas eu besoin de réforme» tempête le commandant Gilbert. «Une étude a prouvé que c’est ce qui manque en Wallonie. Et puis aujourd’hui les Communes disent que la réforme est impayable. Mais ce sont elles, via des arrangements entre bourgmestres, qui ont décidé en Wallonie de créer 14 zones de secours! Rien que sur liège, il y en aura 6. C’est honteux!

Nous préconisions de n’en faire qu’une par province voire une seule au niveau régional! Ça aurait coûté beaucoup moins cher.»

Marc Gilbert réfute également l’idée que la professionnalisation des pompiers sera le fossoyeur des finances communales.

« C’est Eerdekens qui a été le fossoyeur de la réforme en peu de zones de secours. Et quand il dit que ça coûter beaucoup plus cher aux communes, c’est totalement faux. ça coûtera un peu, certes, mais pas énormément. D’abord, parce que nos corps de pompiers sont composés à deux tiers de volontaires. Et s’ils passent professionnels, ce seront des charges en moins pour les communes.

Ensuite, il existe une grande quantité de personnes qui ont déjà été formées mais qui ne travaillent pas actuellement dans les casernes mais dans l’armée ou ailleurs. On pourrait déjà rapatrier tout ce monde dans les casernes».

Selon le commandant Gilbert, la réforme et le gonflement de l’effectif de 1000 hommes via ces différentes méthodes devrait coûter grosso modo 40 millions d’euros.

« Et n’oublions pas que sur ces 40 millions, 20 millions seront, selon la réforme, pris en charge par le fédéral. Si vous comptez en outre les 10 millions d’économies qu’on fera en n’ayant moins de pompiers volontaires, il reste 10 millions à la charges des 85 services incendies. Et encore car les communes retouchent encore une ristourne des provinces.»

Claude Eerdekens soutient, lui que les volontaires coûtent beaucoup moins chers que les pompiers professionnels… parce que les communes touchent pour eux des subventions via des points APE.

«Encore faux» rétorque Gilbert. «Récemment, on nous a obligé a transféré nos pompiers volontaires sous APE dans d’autres services de la commune car il n’est pas permis d’avoir des APE chez les pompiers».

Et Marc Gilbert de clôturer son plaidoyer pour la réforme des services de secours et leur renforcement par l’apport de 1000 pompiers pro dans une véritable rage.

«Nous, on bouffe de la fumée, on crève, on risque notre vie. J’en ai marre d’aller à des enterrements de gars qui sont morts en service ou du cancer parce qu’on n’a pas assez de personnel.»

M. Dum.

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