Communes et pompiers : la guerre du feu

Communes et pompiers : la guerre du feu

La réforme des zones de secours et le statut des pompiers sont au coeur de la polémique. Archives EdA

Claude Eerdekens, allume la réforme des zones de secours. Pour lui, plus de pompiers professionnels, c’est la mort financière des Communes.

Le 14 mai dernier, la ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet, annonçait clairement que la réforme des zones de secours (zones d’intervention des pompiers) serait d’application pour 2014. Fondement essentiel: le statut des pompiers. Milquet veut professionnaliser des corps de pompiers wallons qui, actuellement, sont composés pour deux tiers de volontaire.

Dans une lettre du 5 juillet adressée à l’Union des Villes et Communes de Wallonie (qui rencontrait Milquet hier à ce sujet, lire par ailleurs), le bourgmestre d’Andenne dénonce une réforme qui va, selon lui, mettre les communes wallonnes à genoux.

Claude Eerdekens, vous demandez à l’UVCW de se battre contre la professionnalisation intensive des pompiers. Pourquoi ?

La loi de 2007 qui met en route cette réforme est une loi scélérate et elle pèsera lourdement sur les finances communales. Milquet veut que tous les pompiers professionnels soient statutaires. Mais les coûts vont exploser! D’abord parce que les statutaires malades resteront à charge de l’employeur jusqu’à épuisement de leurs congés de maladie. Et aussi parce qu’il y aura de plus en plus de pompiers à pensionner et que la cotisation payées par les Communes à cet égard va augmenter. Entre 2011 et 2016, la charge des pensions va doubler! Ça va accélérer la mise en faillite des Communes.

Sans parler des engagements…

Oui dans certaines zones, il faudra 45 engagements, dans d’autres 245 ! Les dépenses en personnel pour les Communes vont augmenter de 60 à 70 %.

Oui mais la réforme prévoit que la charge sera 50-50 entre Communes et fédéral…

Sauf que l’article 67 de la loi de 2007 prévoit que c’est le gouvernement qui fixera le moment où on passera à 50-50. Et ce ne sera pas forcément tout de suite.

Et pendant ce temps, ce sera le statu quo, à savoir 90 % des dépenses à charge des Communes et 10 % à charge du fédéral. Ce n’est pas normal que le fédéral fasse payer ses exigences aux pouvoirs locaux. ¦

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