Réforme de l’É tat : « nous avons tenu parole »

Vingt mois de prises de tête et de bras de fer plus tard, les négociateurs institutionnels vous annoncent la fin de leur calvaire.

Ils ont un accord final.

Tous en rang d’oignon au Lambermont. Les négociateurs de la réforme de l’État ont terminé leurs douze travaux d’Hercule. Ceci boucle la seconde partie de la sixième réforme de l’État. On est au cœur de juillet, en plein feuilleton royal, dans une actualité qui n’en finit plus d’être historique.

Alors, les voici, les négociateurs du Comori : hilares pour la plupart, sans cravate et certains sans veston. Mardi 9 février 2013, 19h15. Assommés, épuisés (ou auraient-ils un peu picolé?, rigole l’autre). Vingt mois, des milliers d’heures de travail et des centaines de bras de fer ont été nécessaires pour couler les réformes dans des textes.

En ce jour un peu solennel (à nouveau), le Premier ministre garde le nœud papillon droit. Il clame et déclame. «Les huit formations politique qui représentent deux tiers du parlement ont osé prendre leurs responsabilités. C’est une prise de responsabilité qui force le respect et l’admiration ». Il ajoute : «nous avons tenu parole. Le centre de gravité bascule. Nous avons un accord sur l’ensemble des textes légaux. Melchior…? »

Et voici le bon secrétaire d’État aux affaires institutionnelles, tout sourire, qui amène les kilos de textes, bien emballés dans des fardes orange, comme la couleur du cdH. Boum les 1000 pages dans les bras du Premier. «Voilà, voilà, voilà », scande Di Rupo. Cela applaudit de toute part. Le gros paquet de pages repart. Elio Di Rupo reprend son air grave et inspiré. « Tout le travail que nous avons accompli permettra un travail plus efficace. Demain régions et communautés auront encore plus d’autonomie».

Le chiffre fuse: 20 milliards d’euros (c’est 3 milliards de plus que prévu lors de l’accord en 2011). Et Elio Di Rupo précise : les moyens des régions et communautés passent de 45 à 65 milliards, soit +40 %. L’accord finalisé mardi a réglé le volet le plus complexe de l’accord: la loi spéciale de financement (LSF) (voir ci-dessous). Elle donnera aux Régions une autonomie fiscale portant sur 12 milliards d’euros. Ce matin, les secrétaires d’État chargé de la mission 6e réforme expliqueront le détail des accords trouvés.

La N-VA, elle, n’a pas attendu pour vitupérer. «À la veille du 11 juillet, les Flamands reçoivent la facture d’un cadeau de plus d’1,5 milliard d’euros, qui leur coûtera au minimum 3 milliards d’euros. Comme si les transferts de la Flandre vers la Wallonie n’étaient pas encore assez importants ». Et la N-VA d’ajouter : «en échange, la Flandre ne recevra, d’après la N-VA, qu’un bric-à-brac de compétences qui rendra les choses encore plus compliquées.»

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