Dopage -

Tour de France: Froome aussi puissant qu’Armstrong et Ullrich en 2003

Tour de France: Froome aussi puissant qu’Armstrong et Ullrich en 2003

Froome a développé une puissance mutante pour conserver son maillot jaune.

AFP

41 kilomètres/heure de moyenne depuis le début du Tour et une puissance faramineuse développée en montagne, des données qui laissent planer de nombreux soupçons autour du Tour. Dès lors, les coureurs sont-ils vraiment propres?

Antoine Vayer, symbole de la lutte contre le dopage et ancien entraîneur sportif chez Festina, s’est penché sur les statistiques de ce début de Tour de France. Si les vitesses moyennes ne sont pas parlantes (bien qu’élevées), c’est surtout la puissance développée en montagne qui importe.

«Négligeons les vitesses moyennes, même si un contre-la-montre par équipes à 57,84 km/h et une moyenne générale qui frise les 41 km/h laissent dubitatif», explique Vayer sur lemonde.fr. «Ce qui compte, pour mieux appréhender l’état sanitaire du peloton, ce sont les puissances en montagne. Deux radars étaient placés dans les Pyrénées: la montée d’Ax 3 Domaines samedi 6 juillet et celle d’Hourquette dimanche. Qu’indique leur relevé? En deçà de 410 watts, c’est sans garantie mais humain, entre 410 et 430, c’est suspect, jusqu’à 450 miraculeux, et au-delà mutant.

Dans le premier grand col (Pailhères, niché à plus de 2 000 m) qui précédait la montée d’Ax, derrière le Colombien Quintana à 390 watts, certains des 27 coureurs, avec 372 watts, n’ont pas fait que s’échauffer pendant 47’58’’ avant d’aborder Ax. Ils ont enfin fatigué! Des coureurs comme l’Irlandais Daniel Martin et le Français Jean-Christophe Péraud ont ainsi fini placés avec 401 watts dans ce premier radar d’Ax qui concluait l’étape, en 25’47’’, après cinq heures d’efforts.»

Le rendement de nombreux autres coureurs est 10 à 20 % moindre par rapport aux statistiques ci-dessus. Ce qui a engendré une victoire d’un Dan Martin n’ayant pas dépassé les 380 watts dans la montée d’Hourquette.

Mais les Sky, eux, ont explosé tous les scores. Froome, par exemple, «a relégué Dan Martin à Ax à 2’34’’, sur la seule montée finale en développant 446 watts. Une performance qui le place à seulement deux petits watts de la prestation effarante du duo Armstrong-Ullrich en 2003».

Second coureur Sky à avoir pété des scores proches de ceux des coureurs contrôlés positifs: Richie Porte, équipier de Froome. L’Australien a été pointé à 435 watts. Mais il n’est pas le seul : «Derrière eux, quatre coureurs ont été pris à des puissances suspectes entre 411 et 420 watts: Mollema, Ten Dam, Nieve et Valverde». La question reste donc en suspens: tout cela est-il normal?

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