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Les médias étrangers reviennent largement sur l’abdication d’Albert II

Les médias étrangers reviennent largement sur l’abdication d’Albert II

Le roi et son fils.

AFP

Les médias étrangers revenaient largement jeudi matin sur l’abdication d’Albert II au profit de son fils Philippe.

La plupart des journaux rappellent que ce départ intervient quelques mois après ceux de la reine Beatrix des Pays-Bas et du souverain pontife Benoît XVI.

«Le roi Albert II a prêté serment le 9 août 1993 […], il ne devait être qu’un roi de transition. Une transition qui aura duré vingt ans et aura permis à la Belgique de se maintenir unie en évoluant vers un État fédéral. […]», souligne «Le Figaro».

«Désormais le mot d’ordre en Europe, dans les monarchies, n’est plus ‘le roi est mort, vive le roi’mais ‘le roi abdique, vive le roi’. Une transition en douceur, en quelque sorte sans révolution ni heurts. Du moins, faut-il l’espérer, dans une Belgique toujours en proie à ses démons séparatistes», ajoute le journal français.

Le journal «Libération» se montre, quant à lui, préoccupé par l’avenir de la Belgique, titrant «Le Roi Albert II lâche le trône et laisse à son fils un royaume vacillant.» «Dernier rempart contre le séparatisme, Albert a tenté de calmer Flamands et Wallons, les premiers contestant de plus en plus sa fonction. Comme il a dénoncé ‘le séparatisme explicite ou feutré’, les Flamands le jugent trop proche des Wallons. Cela risque d’être pire avec son fils», d’après le journal français.

«Ce sont les séparatistes flamands qui ont Philippe dans le viseur, et il n’a pas la carrure de son père. Beaucoup doutent de ses capacités à lui succéder. Philippe est régulièrement moqué pour son intelligence que l’on dit limitée, des journalistes l’ayant décrit comme un benêt autoritaire et borné», ajoute Libération.

Sur son site internet, «Le Monde» met pour sa part en exergue l’absence d’articles concernant le renoncement volontaire du souverain dans la Constitution belge : «Seul le décès d’un chef de l’État est envisagé, avec une période d’interrègne limitée à dix jours, pendant lesquels le gouvernement assume seul les pouvoirs».

L’abdication du roi est due à sa «mauvaise santé et le contexte d’une action en justice concernant sa supposée paternité d’une fille illégitime», estime de son côté The Daily Telegraph. Le quotidien britannique rappelle également que c’est la première fois qu’un roi abdique volontairement en Belgique. Beaucoup pensent que la crise politique a achevé le roi, après 541 jours où il a endossé le rôle de «médiateur royal» pour régler les querelles communautaires, note le journal.

Dans le quotidien espagnol El Pais, le journaliste estime également qu’Albert II a abdiqué après avoir été particulièrement touché par le scandale de sa fille illégitime ainsi que les manœuvres de la reine Fabiola pour ne pas payer d’impôts. Le journal revient également sur l’état de santé du roi qui s’est dégradé au cours des dernières années.

Le journal allemand «Frankfurter Algemeine» revient, quant à lui, sur les éléments marquants du règne du souverain et souligne que le roi Albert II était un véritable ciment pour la Belgique.

Les quotidiens italiens Corriere della Serra et la Repubblica consacrent également une page à l’abdication d’Albert II et rappellent l’origine transalpine de son épouse, la reine Paola.

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