Analyse

C’est presque scientifique

On ne peut malheureusement pas parler de sprint royal, pour définir, hier, la 108e victoire de Cavendish, sur l’avenue Mendès France à Marseille.

Parce que, comme le disait lui-même l’Anglais, « honnêtement, ce sprint ne fut pas difficile du tout… » Mais ce succès ne doit évidemment rien à personne, sinon à la solidité physique et tactique de l’équipe OPQS, qui a fait presque dans le scientifique, hier. On le sait, la formation de Patrick Lefevere avait été quelque peu meurtrie dans la tête, après son « échec » dans le contre-la-montre par équipes à Nice.

On a donc remis les pendules à l’heure de ce côté-là, en emmenant Cavendish dans un fauteuil pour lui permettre de battre Boasson Hagen et Sagan, alors que Greipel, quatrième hier, pourtant bien emmené aussi, n’a pas eu le coup de rein providentiel.

L’organisateur, hier, voulait donc redonner leur chance aux sprinters, mais aussi aux baroudeurs au cours d’une cinquième étape longue de 228,5 km (celle du Ventoux comptera, elle, 240 km). La preuve par l’échappée de six hommes, avec notamment Thomas De Gendt, qui aurait pu aller au bout sans l’impressionnant boulot de Tony Martin ou de Sylvain Chavanel, conclu ensuite par Trentin et Steegmans. Mais encore ne suffisait-il pas de revenir sur les échappés. Il était nécessaire de ne pas brûler ses propres cartouches. À quoi aurait-il servi de faire la jonction si Cavendish avait été lâché dans la dernière difficulté? C’est sans aucun doute dans ce col de la Gineste que Cavendish a posé les premiers jalons de sa victoire. Greipel y avait serré les dents pour se maintenir au contact, alors qu’on perdit déjà Kittel, Boeckmans et Goss (sur qui l’équipe du maillot jaune avait misé hier) dans cette ultime difficulté. Où on aurait sans doute bien voulu voir Philippe Gilbert attaquer. «Mais je n’ai pas le droit de tenter ma chance, disait-il hier matin, mon rôle est d’encadrer Van Garderen dans la finale.» Ce qu’il fit à la perfection. Critiquer ou pas le bien-fondé du rôle dévolu au champion du monde, on ne pourrait le faire qu’à la lumière des avis des principaux intéressés. Mais on sait que la communication chez BMC ne tolère de la part de ses coureurs aucun discours qui sortirait d’une certaine légalité. Là aussi, la communication est presque scientifique.

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