Pour Philippe, il était temps

Pour Marc Verdussen, constitutionnaliste, il était temps de mettre Philippe sur le trône. Maintenant, c’est dit.

«Quitte à mettre Philippe sur le trône, autant le mettre le plus rapidement possible. Les élections de 2014 approchent, il ne fallait plus traîner.»: professeur de droit constitutionnel à l’UCL, Marc Verdussen veut faire confiance.

«Philippe sait depuis très longtemps qu’il va être roi. Il a eu tout le temps de se préparer. Techniquement, il est prêt. La légitimité ? On l’acquiert par son travail. Il faut lui laisser un peu de temps.»

Ça, c’est pour Philippe, mais quid d’Albert et de son abdication? Marc Verdussen : «La Constitution ne dit rien sur l’abdication. Mais le roi peut abdiquer, c’est un droit fondamental. Comme n’importe qui peut décider d’avoir envie de se reposer.»

Mais attention, si c’est une initiative personnelle : «Et même si tout le monde n’est pas d’accord sur ce point, je trouve qu’il faut absolument l’accord du premier ministre. Cette concertation est indispensable pour décider du moment.»

On le sait maintenant, le roi en avait déjà parlé au premier ministre qui n’était pas très «chaud» et lui avait demandé de réfléchir (lire en page 7). L’annonce d’aujourd’hui a créé un effet de surprise certain. Bref, la date n’a pas été vraiment négociée.

Après? «S’il y a certitude d’un accord entre le premier et le roi, il n’y a pas besoin d’un écrit. On se rappellera qu’avec Léopold III, il y avait eu un document signé par le roi et contresigné par une série de personnes. Mais le contexte était différent.»

Ici, le roi l’a dit au Premier et ses vices et a rédigé une missive pour bien confirmer sa volonté d’abdication.

Après ? «Soit, le roi dit j’abdique, soit il dit je vais abdiquer.»

S’il avait retenu le premier cas de figure : «Il y aurait eu un effet immédiat.» Et là, comme son successeur n’avait pas prêté serment, on se retrouvait dans une situation d’interrègne où les ministres réunis en conseil auraient été investis des prérogatives de chef de l’État.

Le roi a choisi la deuxième hypothèse : «Je vais abdiquer le 21 juillet. Ce qui facilite la succession. Et si le successeur doit prêter serment dans les dix jours qui suivent. Dans ce cas, ce sera le jour même.»

Cette prestation de serment aura lieu devant les deux chambres réunies.

«Après cette prestation de serment, il est de tradition que le premier ministre vienne remettre sa démission au nouveau roi, c’est un geste de courtoisie. Et le roi s’empresse de la refuser.»

Mais ça, c’est pour le 22 juillet.

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