Le temps de midi, un no man’s land

Le temps de midi, un no man’s land

Gérer les pauses de midi à moindre coût, un casse-tête pour les écoles du fondamental.

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Payer 50 centimes ou 1 € pour manger ses tartines, ce n’est pas rare dans les écoles où le temps de midi est une sorte de no man’s land.

Tollé à Malines! Les élèves de l’enseignement primaire devront débourser 50 centimes à la rentrée pour pouvoir manger leurs tartines à l’école. Une paille? L’ardoise se monte tout de même à 90€ par enfant pour une année. La décision de facturer le temps de midi a été motivée par une réduction drastique du budget consacré à l’accueil scolaire  : 200 000 € au lieu de 420 000 €. Ce n’est pas une exception. Le droit de couvert a déjà été instauré dans plusieurs écoles pour financer l’encadrement de la pause de midi. Il peut s’élever à 1,50 €.

Une législation inadaptée à la société actuelle

«Si les garderies du matin et du soir sont en partie réglementées par le décret accueil temps libre, le temps de midi est une sorte de no man’s land dont personne ne semble vouloir se préoccuper, déplore Véronique De Thier, vice-présidente de la Fédération des associations de parents de l’enseignement officiel (Fapeo). La législation n’a pas changé depuis des années et remonte à l’époque où les femmes ne travaillaient pas et reprenaient leurs enfants à midi. La pause de midi a d’ailleurs été considérablement réduite. Aujourd’hui, pratiquement tous les enfants dînent à l’école et ces enfants, il faut les encadrer. La norme d’encadrement pour le midi est d’une personne pour 99 enfants . Les communes sont donc obligées d’engager du personnel supplémentaire à leurs frais et répercutent une partie de ce coût sur les parents».

Même son de cloche du côté de l’Union francophone des associations de parents de l’enseignement catholique (Ufapec)  : «L’école ne peut tout simplement pas supporter tous les coûts, il est donc normal que les parents participent pour supporter les frais de garderie au prix coûtant», explique Bernard Hubien, secrétaire général de l’Ufapec.

Au niveau des différentes instances ministérielles, on se refile la patate chaude. Le temps de midi? Cela relève des cantines, c’est donc de la compétence de Mme Simonet dit-on du côté du ministre Nollet qui gère l’accueil extrascolaire. Le porte-parole de la ministre rétorque que le temps de midi ne fait pas partie du temps scolaire. Renseignement pris, la surveillance du temps de midi relève bien du ministère ayant en charge l’enseignement maternel et primaire.

Pour le Fapeo, le temps de midi devrait faire partie intégrante du temps scolaire. «Ça n’a pas de sens de faire comme si cette demi-heure était détachée de la journée scolaire. Ce temps doit être pris en compte et correctement encadré et pas laissé au libre arbitre des pouvoirs organisateurs, les communes ou les ASBL pour le réseau libre», précise Véronique De Thier.

Un coût aussi pour les communes

Il n’y a pas que le temps de midi qui risque d’alourdir la facture des parents. À la rentrée, une école bruxelloise va purement et simplement doubler le prix des repas chauds. «La tendance est clairement à une augmentation des frais de garderie de midi mais aussi du prix des repas car les communes ont des difficultés budgétaires et cela va se répercuter inévitablement sur les écoles

Un bémol tout de même  : l’ONE qui octroie aux écoles dans le cadre du décret ATL (Accueil temps libre) un forfait journalier par enfant de 20 centimes (multiplié par un coefficient lié au nombre d‘opérateurs) rappelle qu’on ne peut facturer aux parents plus de 4 euros pour des activités de moins de trois heures.

L’accueil extrascolaire coûte cher aux communes  : «L’aide reçue est très loin de couvrir les frais de garderie, confirme Laurence Hoche, coordinatrice de l’accueil extrascolaire pour les écoles de l’entité d’Andenne. La garderie de midi est gratuite et nous demandons aux parents de payer 50 centimes par demi-heure pour celle du matin et du soir. Cette participation est très loin de couvrir tous les frais  : les 16 jours de formation du personnel ALE, le matériel de bricolage, les coûts de chauffage et d’électricité,…»