La chute de Mohamed Morsi

Morsi et ses supporters crient au coup d’État. L’armée a mis son ultimatum à exécution. Le président a été destitué.

AFP

L’armée égyptiennea écarté le président.Les anti-Morsi laissent exploser leur joie. Et Morsi dénonce un coup d’État.

L’armée égyptienne annonçait hier soir une «feuille de route» destinée à sortir le pays d’une grave crise politique, après l’expiration d’un ultimatum lancé au président Mohamed Morsi. C’est fait.

Le président islamiste Mohamed Morsi a été suspendu de fait et remplacé par le président du conseil constitutionnel. Et la Constitution est suspendue, a annoncé hier soir le général Abdel Fattah al-Sissi, dans une allocution télévisée.

Cette «feuille de route», discutée lors de tractations entre le chef de l’armée, l’opposition et les chefs religieux du pays, a déclenché une explosion de joie parmi les Égyptiens. Du moins parmi ceux qui manifestent massivement depuis dimanche pour réclamer le départ de Morsi.

L’armée prévoit une «courte» période de transition avant l’organisation d’élections présidentielle et législatives anticipée.

Le président islamiste égyptien Mohamed Morsi a dénoncé un «coup d’État complet» : « Les mesures annoncées par le commandement des forces armées représentent un coup d’État complet, rejeté catégoriquement par tous les hommes libres de notre pays », a-t-il déclaré sur Twitter. Selon un de ses proches collaborateurs, il appelle les Égyptiens à résister « pacifiquement» au «coup d’État».

Plus tôt dans la journée, des blindés avaient été déployés au Caire, bloquant les voies menant aux rassemblements pro-Morsi.

Ce bras de fer entre l’armée et le président constitue la plus grave crise depuis son arrivée au pouvoir en juin 2012, au moment où le pays est profondément divisé.

Après la chute du régime de Hosni Moubarak, chassé en février 2011 par une révolte populaire, l’armée avait pris les rênes du pouvoir jusqu’à l’élection de Mohamed Morsi, premier président civil et islamiste d’Égypte accusé par ses détracteurs de vouloir instaurer un régime autoritaire au profit des Frères musulmans dont il est issu.

Lundi, l’armée avait lancé un ultimatum au chef de l’État, lui donnant 48 heures pour «satisfaire les revendications du peuple ». En cas d’échec de son ultimatum, l’armée indiquait qu’elle établirait elle-même une «feuille de route» pour résoudre la crise, tout en assurant ne pas vouloir préparer un «coup d’État». L’ultimatum expirait hier après-midi.

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