Philippe I, le roi qui n’attendait que son père

Philippe I, le roi qui n’attendait que son père

Philippe, en vingt ans, a reçu la préparation la plus complète de toute l’histoire de la monarchie.

Belga

Son arrivée était imminente depuis vingt ans. Décrié, moqué, rabroué, Philippe est le roi le mieux préparé de l’histoire du pays.

1. Le roi quinquagénaire

L’abdication n’est pas une tradition dans la monarchie belge. « Mais on n’a jamais connu non plus de roi de plus 75 ans », précise Vincent Dujardin, président de l’Institut d’études européennes de l’UCL. Il a 53 ans. Philippe a (déjà) un âge avancé pour devenir roi, comparé à ses prédécesseurs. «Il a quatre ans de plus que Léopold III lorsqu’il a abdiqué, et qui avait alors 48 ans. Albert avait 59 ans quand il est monté sur le trône, ce qui n’est jamais que six ans de plus que Philippe aujourd’hui. D’emblée on l’a dit proche de la retraite  ».

2. Le roi en bonne santé

Philippe, ce n’est pas un hasard, s’est montré en pleine forme physique en courant les 20 kilomètres de Bruxelles, il y a quelques semaines. En regard, Albert aurait eu 80 ans en commençant les négociations d’un nouveau gouvernement. Il se souvient encore des sueurs froides et de l’interminable formation du dernier gouvernement.

La « blague » de ce règne qui ne devait pas durer n’avait plus rien d’amusant pour Albert. Léopold Ier est mort à 74 ans. Albert n’était pas prêt à remettre ça. Ces négociations l’ont placé sous le feu des projecteurs dans une situation de dramatisation extrême. Il s’agit d’une énorme tension nerveuse pour un homme d’un tel âge. Un «coureur de fond  » tel que Philippe peut être plus rassurant.

3. L’atout majeur du roi Philippe  : Mathilde

L’aura de Mathilde était au firmament quand elle a épousé Philippe. Le Financial Time écrivait au moment du mariage que « Mathilde a fait plus en quinze jours pour la monarchie qu’Albert en dix ans ». La popularité est restée énorme. Celle de Paola n’a jamais dépassé la barre minimum pour une reine.

4. Le roi le mieux préparé de toute l’histoire

Vincent Dujardin l’affirme  : «Philippe est le prince le mieux préparé de l’histoire de Belgique. C’est la préparation la plus complète de toute l’histoire de la monarchie. Il a mené 70 à 80 missions économiques, a rencontré tous les hommes politiques. Il possède une formation militaire, universitaire et politique d’une ampleur qu’aucun roi n’avait jamais eue avant son arrivée sur le trône. Et il a un an pour parachever ses contacts avec Elio Di Rupo et les politiques.  »

5. Le roi de la 6e réforme de l’État

Il aura cela en commun avec son père. Quand Albert est arrivé, Jean-Luc Dehaene était à la barre. Baudouin avait suivi les tractations de la réforme de l’État. Albert II est arrivé pour la signer. Ce sera aussi le cas pour Philippe qui signera la sixième réforme de l’État.

6. Le roi le plus décrédibilisé

Philippe a une piteuse image collée à la peau depuis vingt ans. Il est le prince trop idiot pour devenir roi. Celui dont Baudouin ne voulait pas, celui qui fait des gaffes. Celui qui est coincé. Il est le prince mal dégrossi, l’éternel dadais du palais.

En réalité, en cinquante ans, Philippe a surtout commis deux grosses fautes. Lorsqu’il a dénoncé le parti d’extrême droite Vlaams Belang, la presse flamande lui a reproché de bafouer sa neutralité obligée. Et lorsqu’il a tancé deux rédacteurs en chef de journaux flamands, soulevant un tollé.

En montant sur le trône le 21 juillet, le futur roi des Belges, Philippe, n’aura que quelques mois pour s’affirmer avant les élections législatives du printemps 2014 qui pourraient plonger le royaume dans une nouvelle crise politique.

7. Le roi d’un changement, mais lequel ?

Albert a régné dans les pas de son frère, à tel point qu’il piochait régulièrement dans les discours de Baudouin pour écrire les siens. Et pour cause  : il a gardé l’équipe de Baudouin pour le conseiller, en particulier Jacques van Ypersele de Strihou. Le chef de cabinet indéboulonnable a à présent 77 ans. Il devra passer la main à un nouveau chef de cabinet dont la personnalité donnera (ou pas) la nouvelle direction au Palais. On peut espérer un choix vers plus de modernité.

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