Enseignement

Médecine : « Le massacre étudiant »

Chez les représentants des étudiants, on parle d’hécatombe : 8 étudiants en médecine sur 10 ont été recalés en première session, dans la partie francophone du pays.

C’est à l’Université de Mons que les 1res bachelier en médecine s’en sortent le mieux : «seulement» 70 % de taux d’échec en première session, contre 66 % l’année dernière. À l’ULB, par contre, on est passé d’un taux d’échec de 82 % à un pic de 90 % de «busés». L’UCL n’aggrave son cas que de 1,2 % (85 % d’échec l’an passé, 86,2 % cette année) et Namur de 0,5 % (de 75 % à 75,5 %). À Liège, on attendait toujours les résultats hier.

« Consternant »

«En comparant les statistiques actuelles de première session avec celles des années précédentes, nous ne pouvons que nous consterner de ce massacre étudiant généralisé», grince le Cium, le comité interuniversitaire des étudiants en médecine.

« L’heure n’est certes pas à la désolation mais surtout à une profonde remise en question du décret», tant par le ministre que par les facultés, insistent les deux coprésidentes du comité, Amandine Henry et Perrine Deschamps.

Trop vite, trop peu de moyens…

La réforme des études de médecine a été votée en mars 2012. Au lendemain du vote, le ministre de l’Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt avait reçu une délégation d’étudiants.

Il leur avait alors rappelé que ce décret permettait non seulement de respecter la norme européenne (9 ans et non plus 10 ans pour devenir généraliste, avec le passage des études de base de 7 à 6 ans, puis 3 ans de spécialisation), de compenser le numerus clausus (qui dépend du fédéral) mais aussi de « promouvoir la réussite ».

Jean-Claude Marcourt se disait conscient d’une augmentation du risque d’échec en général et en 1re année en particulier. C’est pour ça, affirmait-il, qu’il avait dit non au principe d’une restriction à l’entrée des études, que ce soit sous forme de concours ou d’examen. À la place, le ministre a avancé une enveloppe de 3,2 millions€ pour développer l’orientation et l’aide à la réussite.

À première vue, il y a encore du travail. Les représentants des étudiants en médecine considèrent que tout cela a été mis en boîte trop vite. Les facultés n’auraient pas eu le temps (ni les moyens) d’adapter les programmes.

Certains cours, comme les sciences fondamentales, sont restés inchangés au niveau du volume. Et le second quadrimestre aurait été particulièrement chargé, jusqu’à empiéter parfois sur le blocus.

Vigilance

Bref. OK pour la réforme dans sa substance, note le Cium, mais à revoir en profondeur, avec les facs.

Parce que, au vu de ces résultats partiels, le comité reste inquiet sur le fond : «Nous espérons que ce massacre étudiant n’est pas le pâle reflet d’une volonté de sélection cachée de nos facultés, secondairement au blocage fédéral sur les numéros Inami.»

P.S.

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