BUDGET

Titres-services : le secteur peste

Titres-services : le secteur peste

La hausse du prix des titres-services ? Une mesure trop facile et trop linéaire qui risque de faire mal aux plus fragilisés.

Reporters/BSIP

Augmenter le prix des titres-services ? Très mauvaise décision disent les spécialistes du secteur. Ils redoutent un «retour au noir».

«C’est une ligne blanche que l’on franchit ». Lorsqu’on lui demande de commenter la décision du gouvernement d’augmenter le prix des titres services, Alain Piron est très critique. «Cette hausse est dangereuse pour le secteur. Cela pourrait être un coup d’arrêt à son développement». L’homme sait de quoi il parle. Il a été directeur d’une entreprise d’insertion par les titres-services. Il a déjà connu des hausses de tarifs. «C’est chaque fois le même scénario. Les clients diminuent leur nombre d’heures. D’autres ne donnent plus signe de vie».

Cette situation est confirmée par Anne Charue, la directrice de l’Agence locale pour l’emploi de la Ville de Namur. «Ces défections en fonction de la valeur faciale du titre service sont une réalité. Une étude a démontré qu’une hausse incitait 10 à 15 % des clients à diminuer leurs heures ».

Le risque ? Il est double affirme Alain Piron : «Une telle augmentation, c’est inciter les gens à recourir au travail au noir. À terme aussi, c’est l’emploi dans le secteur qui risque de souffrir. Qui dit moins de demandes, dit moins de services à assurer et donc moins de personnel ».

Acharnement ?

Du côté de Federgon, la fédération des prestataires de services de ressources humaines, qui regroupe en son sein 40 % du marché des titres-services, c’est aussi l’amertume qui prévaut. «À chaque conclave budgétaire, on prend de nouvelles décisions concernant les titres-services, se lamente son directeur général Herwig Muyldermans, leur prix avait déjà été augmenté d’un euro le 1er janvier 2013, en passant de 7,5 à 8,50 €. Maintenant, on va passer à 9 €. Nous savons que le gouvernement fédéral a des problèmes budgétaires à résoudre, mais en touchant à chaque fois au secteur, il va trop loin » .

Et la diminution de l’ampleur de la déduction fiscale liée au titre service? «Cela fait moins mal » juge Alain Piron. «L’avantage dans cette mesure-là, souligne Anne Charue, c’est qu’on préserve certains types de clients fragilisés, comme ceux qui ne payent pas d’impôts par exemple. Avec une hausse de la valeur faciale, tous les utilisateurs sont touchés, sans distinction

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