Écrire que les choses se sont bien déroulées en Corse, au terme de ces trois étapes, dépend du point de vue auquel on se place.

Sur le plan organisationnel, on a bien senti quelques petits hiatus, vite estompés par le chaud soleil et les merveilles de l’île. On savait que l’offre hôtelière ne pouvait absorber ce grand cirque que restent le Tour et ses suiveurs. Du coup, si l’idée du bateau-hôtel et de sa salle de presse n’était pas mauvaise, elle a aussi induit de gros soucis de déplacements. Les navettes restaient l’unique solution pour se rendre sur les lignes d’arrivée, sauf quand elles faisaient faux bond. Ces ennuis, qu’on pressentait, ne sont évidemment rien au regard des chutes de la première étape, de l’histoire du bus coincé sous le portique d’arrivée ou de ce chien qui a failli, avant-hier, se payer tout le peloton.

Du côté de l’organisation, on est évidemment ravi de cette idée de venir en Corse. « Un monsieur m’a même fait le baisemain, souriait Christian Prudhomme, le boss du Tour. Et je n’ai eu droit qu’à des mercis sur les routes.»

De notre côté, on ne dira pas non plus assez merci à Jan Bakelants de s’être imposé dimanche et d’avoir pu conserver son maillot jaune hier, qui ne tenait qu’à une petite seconde devant 92 autres concurrents. L’équipe de Jan est ainsi revigorée pour la suite de ce Tour, même si on pressent que ce mardi, avec le retour sur la terre plus ferme, à Nice, le contre-la-montre par équipe devrait sans doute signifier le passage du témoin pour Bakelants.

Autre enseignement de ce week-end corse : Christopher Froome est prêt pour les grandes batailles. Dimanche, dès que la route s’est mise à grimper, il est passé devant, sans se faire mal, suivi par Evans ou Contador. Et le leader de la Sky a le temps, tout le temps, de voir venir avant les Pyrénées, qu’on n’abordera véritablement que samedi et dimanche, avant le premier jour de repos.

Quant aux luttes pour les maillots distinctifs, elles ne font que débuter : Sagan, bien sûr, marri de sa deuxième place hier, derrière Gerrans, a déjà posé les jalons de son objectif principal , le vert. Pierre Rolland réchauffe les cœurs des Français avec son maillot à pois. Hier encore, il a fourni un gros effort pour le conforter. Est-ce bien raisonnable alors que la montagne est encore si loin?

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