ANcêtres automobiles

Avantageuses « plaques O »

Avantageuses « plaques O »

La législation a changé depuis ce lundi pour près de 59 500 voitures munies de plaques « o ».

ÉdA – 201246256670

Près de 59 500 voitures anciennes roulent déjà en «plaque O». Que change pour leur propriétaire la nouvelle législation?

Se voir verbaliser parce qu’on s’arrête pour acheter un pain et qu’on roule avec une vieille voiture immatriculée en plaques «O»; ou ne pas pouvoir revenir d’une concentration d’ancêtres qui s’est prolongée tard, parce que la nuit est tombée : c’est le genre de frustrations auxquelles devaient parfois faire face les passionnés, explique Peeter Henning, responsable de la FBVA, la Fédération Belge des Véhicules Anciens qui regroupe les quelque 450 clubs du pays.

Certaines zones de police «se sont ainsi acharnées sur les oldtimers», souligne le CEO. Car bien sûr, la plupart des propriétaires de voitures anciennes ne respectaient plus la législation, jugée obsolète et bien trop restrictive. Datant de 1968, époque où un ancêtre était synonyme de «tacot», elle n’était plus adaptée à l’évolution d’un parc qui compte désormais bon nombre de voitures des années 80, construites en grande série, à l’instar des premières VW Golf, solides et dotées d’une technologie moderne.

De jour comme de nuit

Depuis ce 1er juillet, la réalité a changé. L’âge minimal d’une voiture pour être considérée comme ancêtre n’a pas été modifié (25 ans, y compris désormais pour les véhicules militaires et les utilitaires) mais la loi s’est adaptée à l’usage. Nombre de restrictions ont été levées. Les ancêtres peuvent à présent être utilisés de jour comme de nuit, et plus seulement dans un rayon de 25 km dans le cadre d’essais ou pour se rendre et participer à une manifestation «dûment autorisée». Prescriptions floues qui donnaient lieu à toutes les interprétations.

Quelques interdits subsistent toutefois : les véhicules immatriculés en plaque «O» ne peuvent pas être utilisés pour un trajet vers son travail, ou pour les enfants se rendre à l’école, ni pour un usage professionnel ou commercial, y compris le transport rémunéré de personnes. Ce qui ne veut pas dire qu’il est interdit de transporter des personnes à bord.

Pour ne pas subir toutes ces restrictions, un certain nombre de propriétaires de vieilles voitures les immatriculaient comme un véhicule tout à fait normal. Le changement de loi ne les concerne évidemment pas. Mais on peut s’attendre, avec l’assouplissement des règles, à voir beaucoup plus de gens opter pour la plaque «O», ou même penser, par opportunisme, à s’acheter un ancêtre.

Nettement moins cher

«Naturellement, un certain nombre de gens pourraient être tentés, reconnaît Peeter Henning. De fait, rouler avec une plaque ancêtre est très avantageux financièrement. Tout est adapté à l’usage de véhicules qui, en moyenne, ne parcourent pas plus de 2000 kilomètres par an : taxes de mises en circulation (61,50 € en Wallonie, sans bonus-malus), taxe de circulation (35 €) et assurances sont nettement moins chères (40 à 100 € pour une RC). Sans parler d’une quasi-absence de contrôle technique.

On peut craindre que la fiscalité automobile (qui tient de plus en plus compte de l’environnement) évolue si davantage de gens se mettent à rouler dans des voitures anciennes. Les assurances, elles, ne devraient pas trop évoluer, parce que, négociées dans le cadre des clubs d’ancêtres, elles tiennent déjà compte de l’usage et de catégories d’âge des véhicules. Quand au contrôle technique (voir ci-contre), ce n’est plus qu’une question de temps pour l’imposer.

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