MON LIVRE PRÉFÉRÉ

Petit manuel pour « Gagner la Guerre »

Petit manuel pour « Gagner la Guerre »

« Je suis allergique aux enterrements. Ça peut sembler bizarre, compte tenu de mon fonds de commerce, mais c’est ainsi. Tuer et inhumer, c’est deux activités très différentes.

Buter un quidam, c’est gratifiant. Ça demande un minimum de cœur au ventre, c’est un peu sale, c’est rapide, payant. Enterrer le même quidam, quelle corvée ! C’est codifié, faux-cul, interminable. La douleur sincère de quelques naïfs copule d’obscène manière avec les larmes obligées du plus grand nombre ».

Benvenuto Gesufal est la petite main du Podestat Leonide Ducatore. Celle qui met le point final à la vie des importuns se dressant sur la voie de l’homme le plus puissant de la Cité. Antihéros roué, maniant la dague comme le second degré, il se dépatouille dans le complot qui embrase le Vieux Royaume, sa florissante République de Ciudalia et son adversaire de Ressine, royaume oriental couleur Byzance.

Avec Gagner la Guerre, Jean-Philippe Jaworski renouvelle avec maestria le genre de la fantasy française. Dans ses ruelles, ni elfes, ni orcs, mais flamboyants capitaines, politicards machiavéliques et souples chuchoteurs. Après le recueil Janua Vera, le Français poursuit l’édification du genre succulent que les critiques ont baptisé «crapule fantasy».

Jean-Philippe Jaworski, «Gagner la Guerre», Les moutons Électriques ou Folio SF, 2009, 684p.

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